L’enclos du Saint Sépulcre de la basilique Notre-Dame-du-Chêne à Vion, haut lieu de pèlerinage marial en Sarthe, a été vandalisé deux fois : la nuit du réveillon et celle de Noël.
«Quand les dégradations ont lieu sur une synagogue ou une mosquée, tout le monde en parle. Quand c’est une église, tout le monde s’en fout», regrette le recteur en rappelant l’exemple de la profanation de la chapelle de l’Arsenal de Toulon, le 8 décembre dernier.
Le père Ghislain de Fleurieu, recteur au sanctuaire de la basilique Notre-Dame-du-Chêne à Vion, trop occupé par les célébrations de Noël n’a prévenu la gendarmerie qu’hier matin. Mais c’est mardi matin, en ouvrant les portes du sanctuaire, que Jean-Luc Favoinet, trésorier de l’association des amis de Notre-Dame-du-Chêne, a découvert les premières dégradations.
La cible des vandales : la statue du Christ ressuscité, à l’entrée du parc Saint-Sépulcre, réalisée par une artiste en art sacré, Patrica Menouha d’Asnières-sur-Vègre. «J’ai tout de suite vu qu’il s’était passé quelque chose. Les bornes du carrefour et de l’entrée du parc étaient arrachées. Ils s’en sont probablement servis pour casser. C’est au moins la cinquième fois que nous subissons des dégradations», se désole le trésorier. «Les profanations ont été commises après la messe de minuit dans la nuit de lundi à mardi», ajoute le père Ghislain
Deux santons représentant les personnages de la crèche ont été retrouvés sans leur tête au coeur de Fréjus. Geste débile ou manifestation contre la religion?
Où se niche la bêtise humaine ! Deux santons, des figurines d'environ un mètre de haut représentant Marie et Joseph, disposés devant l'office de tourisme de Fréjus, ont été décapités durant la nuit de jeudi à vendredi. Personne n'a rien vu, rien entendu. Mais, au matin, toutes les personnes présentes étaient choquées.
Les deux santons, comme une vingtaine d'autres, avaient été installés par l'association de maintenance des traditions La Miougrano de Fréjus. Une démarche qui, chaque année, fait plaisir tant aux croyants qu'à ceux qui ne le sont pas.
Le vice-président de La Miougrano, Gérard Ceppi, était hier particulièrement remonté : « Ces petites figurines de bois, juste avant de perdre leur tête, auront-elles, comme le fit Danton à Samson, le bourreau de la Révolution, demandé : "Montre ma tête au peuple, elle en vaut bien la peine" ? Non, Marie et Joseph n'auront rien demandé, car cette décapitation s'est faite en catimini, dans la honte, loin de toute vue ! »
Et d'évoquer l'âme noire de ceux qui ont pu commettre un tel acte. « Est-ce dans un but de blasphème ? Erreur, le blasphème est un acte de foi. On ne blasphème que ce en quoi l'on croit, le reste, on l'ignore. C'est une ânerie, une bêtise, de la débilité ! J'espère au moins que les auteurs de ce vandalisme aux petits pieds auront pris beaucoup de plaisir à ces décapitations... »
Et Gérard Ceppi de promettre de se remettre au travail pour fabriquer deux nouveaux santons de Marie et Joseph, « afin que, l'année prochaine, ces mêmes abrutis, ou d'autres, puissent assouvir leur incommensurable bêtise et casser pour le plaisir de casser ».
La religion dans le collimateur ?
Le curé de Fréjus, le père Matthias Warowny, ne pouvait comprendre un tel geste et estimait que c'était une « regrettable dégradation ». Mais, absent de sa paroisse hier, il préférait connaître tous les détails du dossier avant de faire une déclaration.
Plus prolixe, le père Don Bruno, de St-Raphaël, estimait que « ce n'est pas bien. Spontanément, j'aimerais savoir si c'est le vandalisme d'un ado attardé ou un acte contre la religion. En ce moment, le catholicisme est montré du doigt. On peut tout imaginer… »
A Fréjus, on perd parfois la tête. Mais, dans ces conditions, c'est de très mauvais goût. Il restait à espérer que les yeux froids des caméras de surveillance aient pu distinguer les agissements des coupables. Ce ne semblait pas être le cas hier soir