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lettre ouverte

Lettre ouverte de Marine LE PEN aux policiers, gendarmes et douaniers

Publié par"le Gaulois"à13:10
- Politique -
Madame, Monsieur,

Depuis plusieurs mois, vous êtes de plus en plus nombreux à me solliciter au sujet de la politique de lutte contre la clandestinité, marquée ces derniers temps par un effondrement des expulsions des étrangers entrés illégalement en France.

Vous faites part le plus souvent d’un malaise grandissant devant la remise en cause de l’utilité de l’une de vos missions : l’arrestation des clandestins en vue de leur reconduite à la frontière.


Les faits, dramatiques, confirment et justifient votre désarroi.

Depuis le début de l’année 2011, les reconduites à la frontière sont en effet en chute libre, après une baisse de près de 5% déjà en 2010. La plupart des centres de rétention administrative sont aujourd’hui quasiment vides : les dernières enquêtes auprès de la Cimade évoquent un taux de remplissage de 8,5% seulement sur neuf sites, divisé par trois en un an. L’association France Terre d’Asile confirme cette baisse spectaculaire.

La soumission aveugle du gouvernement à des injonctions européennes très critiquables explique cette situation inadmissible.

Un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne rendu le 28 avril 2011 en Italie a en effet déclaré illégale la détention d’un migrant au motif qu’il se trouve en situation irrégulière (arrêt El Dridi). Cette décision a été immédiatement relayée en France par le ministère de la Justice, avec une diligence particulière.

À cet arrêt auquel le gouvernement français s’est soumis sans sourciller, il faut ajouter l’obligation qui incombe désormais aux pouvoirs publics de laisser aux clandestins un délai minimal de sept jours dans le cas où ils opteraient pour un retour volontaire dans leur pays. Un délai souvent mis à profit par les étrangers en situation irrégulière pour disparaître. La très mauvaise gestion par le gouvernement de la transposition de la directive européenne dite «retour » est ici en cause.

Ces récentes évolutions du droit européen ne doivent pas être acceptées dans la mesure où elles menottent l’État dans l’exercice de l’une de ses missions régaliennes essentielles. Ainsi, la passivité du gouvernement face à cet effondrement de la lutte contre la clandestinité n’est pas acceptable. Et le zèle mis à appliquer des dispositions absurdes est encore plus condamnable.
Pour ma part, je refuse de renoncer au combat contre l’immigration illégale.                                                                              
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