
Durant 3 ans, 1.000 faux chômeurs ont touché des allocations sur la base de documents falsifiés vendus par un réseau d'escrocs, annonce Le Nouvel Obs.
Cette gigantesque fraude porte sur 8 millions d'euros...
Selon le parquet de Paris il s'agit d'une affaire "tentaculaire, la plus importante en cours dans le domaine des fraudes aux organismes sociaux".

En avril et en juin, une cinquantaine de faux allocataires comparaîtront devant les juges.
L'escroquerie, qui touche principalement les secteurs de la confection et du bâtiment, s'est déroulée entre 2003 et 2006 et concerne surtout les ressortissants des communautés turque et pakistanaise.
Demandez le "kit Assedic"
Des sociétés bénéficiant de la complicité de cabinets comptables vendaient des "kits Assedic" à des grossistes.
Ces derniers revendaient les kits dans les cafés du nord-est de Paris ou à la sortie des sorties de métro, moyennant 1.000 euros.
Dans le "kit Assedic" le futur chômeur trouvait une pléiade de documents nécessaire à son inscription comme demandeur d'emploi: lettre de licenciement factice, faux contrat de travail et bulletins de salaire falsifiés, détaille Le Parisien.
Une fois indemnisé, le faux chômeur devait reverser aux responsables de la filière une partie de ses indemnités.
Selon Le Parisien qui révèle l'affaire, le reversement d'une partie des indemnités pouvait atteindre jusqu'à 40.000 euros.
Le grain de sable
L'affaire a été découverte tout simplement parce que les "kits Assedic" étaient trop complets.
Dans Le Parisien, une source anonyme de la brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) précise ainsi:
"Ce qui nous a fait tiquer, c'est qu'il y avait parfois plus de pièces dans les kits Assedic que dans un dossier normal mais il y avait aussi des erreurs sur les salaires, avec par exemple un ouvrier mécanicien payé 3.000 par mois".
Cinquante-trois personnes ayant bénéficiées de ces "kits" ont déjà été jugées à l'automne pour escroquerie par usage de faux.
Si des faux chômeurs ont été identifiés, il n'en va pas de même pour les commanditaires de cette gigantesque fraude.
Selon les enquêteurs, "une dizaine d'entre-eux seraient en fuite".
Ils sont poursuivis pour "escroquerie en bande organisée" et encourent des peines de prison ferme.( AH QUAND MÊME ! )