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Valls : Espagnol musulman ?

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a pourfendu hier soir les "actes anti-musulmans", tout autant que sa récupération par des extrêmistes, lors de la rupture du jeûne du ramadan à la mosquée d'Ozoir-la-Ferrière, en Seine-et-Marne. "La République, a-t-il lancé dans une allocution en présence du vice-président de la mosquée, Boubakeur Quedjali, et de l'imam Brahim Tounkara, ne tolèrera jamais un geste dirigé, ou une parole prononcée, contre un musulman. La République protègera toujours les musulmans de France".

La petite mosquée Taouba, forte de 150 à 200 fidèles, avait été dégradée début février, avec des inscriptions à caractère raciste et des croix gammées, qualifiés par le ministre de "slogans abjects" et d'"attaques inacceptables". Leurs auteurs n'ont pas été retrouvés.

Alors que les actions et menaces antimusulmanes ont augmenté de 35 % pendant les six premiers mois de l'année, par rapport à la même période en 2012, le ministre a déclaré: "je ne laisserai jamais dire, ni ne laisserai croire, que les forces de l'ordre (...) privilégieraient davantage les actes antisémites que les actes anti-musulmans ou anti-chrétiens".

Mais, à côté de sa charge contre les actes anti-musulmans, Manuel Valls a mis en garde ceux qui en prennent prétexte, qui les récupèrent, pour se radicaliser. "La République, a-t-il insisté, s'opposera toujours à ceux qui voudraient faire de la France un terrain de conquête; qui voudraient, au nom d'une croyance dévoyée, imposer d'autres lois que la loi de tous".

Rappelant que "la République, c'est la liberté de conscience, c'est la foi à visage découvert", Manuel Valls a fait clairement allusion aux émeutes d'il y a dix jours à Trappes (Yvelines). "La loi interdisant le port du voile intégral dans l'espace public doit être appliquée avec fermeté (...) Ceux qui continuent de plaider pour le port de ce voile défient nos institutions". Il avait déjà vigoureusement défendu cette loi devant l'Assemblée Nationale, la qualifiant de "loi émancipatrice". 

Comme prévu, Valls a fait un virage à 180° par rapport à l’islam. Dans un article, j’avais écrit que ce dernier ne faisait que se servir des musulmans tant qu’ils apportaient plus de voix au PS que les autres. L’exaspération des Français face à certaines dérives communautaires et la possibilité de faire encore plus croire qu’il est l’homme fort pouvant « sauver » la France (et surtout devenir premier ministre), Valls a commencé à lacher les musulmans dans un entretien avec le nouvel observateur :

Manuel Valls : « L’islamophobie est le cheval de Troie des salafistes »

Le ministre de l’Intérieur préfère parler d’actes « anti-musulmans », le mot étant selon lui utilisé à mauvais escient par les fondamentalistes. Interview.

L’article vaut son pesant de cacahuètes  lorsque l’on sait que Valls s’était rendu il y a moins de deux semaines à la grande mosquée de Paris pour célébrer le ramadan et dénoncer « les actes islamophobes ». Il désavoue donc ses propres positions ainsi que celle de son président qui dénonce lui aussi l’islamophobie.

Nous avons donc un ministre des cultes, premier ministrable, qui contredit son président connu pour renvoyer les ministres en désaccord avec le gouvernement.

Tout cela serait presque risible si le terme « islamophobe » n’avait pas été utilisé avec tant de haine, par la gauche et les musulmans « actifs », à l’encontre des mécréants désireux de respecter l’esprit laïque de la France.

Et que dire de cette phrase presque discrète :

Preuve manifeste : le nombre significatif de convertis, dont une minorité se radicalise, et qui montre qu’une autre loi s’impose à des gens qui ne sont pas de culture musulmane.

En décrypté, cela peut se dire : la charia est appliquée aux kouffars.

Bref, cet article est révélateur d’un tournant dans la stratégie de Valls à conquérir le pouvoir car, soit il découvre une situation existante depuis de nombreuses années et cela démontre une réelle incompétence à gérer les cultes et les banlieues, soit une grande partie de la base électorale du PS est en train de fuir, l’obligeant à imiter Sarkozy : des paroles fermes sans effet.

L’état est donc complètement dépassé, allant jusqu’à faire des jonctions entre islamistes et extrême droite ou en accusant les islamistes d’être antisémites dans leur victimisation suite aux agressions des skins à crête rouge.

En attendant, quelle « fermeté » sera appliquée quand on sait que seuls les mouvances nationalistes ont été dissoutes pendant que des commissariats étaient attaqués dans les cités ? Quelle crédibilité accorder à un gouvernement qui fait arrêter les chrétiens veilleurs par centaines, veut armer les islamistes d’Al Qaeda en Syrie et libère les délinquants qui attaquent les RER ?

Stéphane Bornat

 


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