C’est un crime dont les victimes sont sans cesse plus nombreuses.
L’usurpation d’identité croît de 50 % par an, c’est la deuxième infraction la plus répandue dans l’Hexagone. Huit pour cent des Français ont déclaré avoir été victimes d’un vol d’identité ces dix dernières années, soit 400 000 personnes, selon un sondage CSA publié en octobre 2012.
Il existe de nombreuses situations d’usurpation d’identité. « Les vols d’identité les plus fréquents sont effectués pour des ouvertures de compte auprès de différents organismes, des locations de véhicule, des contraventions sur la route ou dans les transports », énonce Dalila Bouhezila, présidente de l’association « On a volé mon identité ».
Le nombre d’usurpations de plaques d’immatriculation a par exemple été multiplié par quatre depuis 2010. « L’infraction peut également être commise par le biais d’un mariage blanc, d’une fraude aux Assedic ou encore aux prestations familiales », ajoute-t-elle. Plus étonnant, le préjudice peut aussi venir d’un proche, d’un membre de la famille.
Lorsque l’on est victime d’un vol d’identité, la première chose à faire est de déposer plainte au poste de gendarmerie ou de police. « À partir du moment où la plainte est enregistrée, une enquête est mise en place en fonction des éléments recueillis », explique un capitaine de la gendarmerie de Rethel, dans les Ardennes.
Vols d’identité 2.0
« Si les faits ont eu lieu sur le secteur du dépôt de plainte, l’enquête se déroule sur place. Autrement, les informations sont transmises au procureur de la République qui les fait suivre au service concerné. » Dans le cas d’une décision judiciaire en faveur de la victime, une copie du jugement doit être envoyée à la Banque de France et aux organismes auprès desquels l’utilisateur a fraudé.
Internet est également un terrain de chasse idéal pour le vol de données personnelles. La « toile » a d’ailleurs été ajoutée au texte de loi du Code pénal.
Depuis le 14 mars 2011, l’infraction « est punie des mêmes peines que si elle est commise sur un réseau de communication au public en ligne », soit un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.
Le 24 juillet dernier, le député UMP Marc Le Fur a enregistré une proposition de loi visant à punir de « deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende » les faits d’usurpation d’identité sur internet. Pour Dalila Bouhezila, la sanction n’est pas suffisamment dissuasive :« Il est plus facile d’usurper l’identité d’autrui que de commettre un cambriolage. Pour réduire les infractions, une peine de dix ans serait nécessaire. »
| Usurpation d'identité : la loi ou la technique pour se protéger ? Dans le monde virtuel, les attributs de la personnalité ne sont attribués par aucune autorité publique. C'est là que les ennuis commencent... ) |
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Dès lors que le droit semble hésitant, le recours à la technique n'est il pas aujourd'hui la meilleure réponse pour prévenir l'usurpation d'identité ? La signature électronique (Article 1316-4 du Code Civil)pourrait être la réponse adéquate puisqu'elle se fixe comme l'un de ses objectifs de garantir l'authenticité de l'identité de celui qui contracte. Cependant, la signature électronique paraît envisageable pour certains actes de la vie sociale, tels que les achats en ligne, les déclarations, mais elle ne couvre pas tout le spectre des faits et gestes possibles en ligne. Une autre technique pourrait également être d'une grande utilité, la biométrie. Dans ce dernier cas cependant, les travaux sont bien moins avancés et les techniques sont très peu diffusées. En outre, si la signature électronique peut être révoquée à tout moment, par exemple dans le cas où un tiers s'est illicitement approprié celle-ci, la révocation semble difficile pour la biométrie. En effet, si un tiers s'approprie une identité biométrique du type des empreintes digitales ou une identité visuelle. Il peut ainsi au moyen de ces identités biométriques passer tout type d'actes au nom de la victime. Comment la victime pourrait elle alors révoquer sa propre empreinte digitale ou identité visuelle ? Les experts en sécurité que nous avons interrogés sont partagés. Tous y reconnaissent cependant là une difficulté au passif de cette protection technique. En conclusion, face à l'usurpation d'identité dans le monde virtuelle, les victimes font face à une situation juridique incertaine, à des réponses techniques balbutiantes. L'usurpation identité semble avoir de beaux jours devant elle : n'est on pas dans ces conditions condamné à vivre avec l'incertitude de l'identité de l'autre ? |
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