Et l'écolier finit, enfin, par s'éveiller.
« Debout ! » disait la brise.
Le bedeau accorda son vieil orgue s'en fut,
Et le marin-pêcheur vérifia son chalut.
L'instituteur nota la date au tableau noir,
Le routier alluma son moteur et ses phares,
La caissière compta un à un ses billets,
L'infirmière enfila sa blouse immaculée.
« Debout ! » disait la brise.
Le commerçant fébrile fit quelques pas dehors,
Le pilote s'assit à son tableau de bord,
Le chercheur insomniaque se versa un café,
Le boulanger sortit la nouvelle fournée,
Le typo mit en page les dernières rumeurs,
Le soldat, impeccable, salua les couleurs.
« Debout ! » disait la brise.
Pendant que le dealer, le voleur, le violeur,
Racketteur, proxénète, politicien menteur,
Le siffleur insolent des hymnes nationaux,
L'incendieur de drapeau, d'autobus ou d'autos,
Ou l'agresseur de prof, le rappeur insultant,
Dormait paisiblement, dormait profondément.
« Debout ! » disait la brise.
Puis, elle se fit vent, le vent se fit tempête,
La tempête ouragan...
Qui balaya d'un coup dormeurs et malfaisants.
Une brise a soufflé ce matin...
MARINE...
Enfin,
Il était temps !