Aux Aygalades, un internat encadré par d'anciens militaires accueille des élèves en difficulté.

"Nous utilisons la discipline et les valeurs militaires comme outils" explique jean-Paul Bonnier, directeur de l'Epide.
La corvée de chiottes du matin, tout le monde y passe à tour de rôle. Pour tous aussi, le réveil à 6 heures, le ménage des chambres, l'uniforme bleu marine, les déplacements en rangs serrés, le silence au réfectoire. À 8 heures pétantes, ils sont tous là, au garde-à-vous dans la cour, pour la cérémonie quotidienne du salut au drapeau. L'armée ? Oui... et non.
Car si la discipline est de rigueur dans les chambrées, c'est uniquement contre l'exclusion sociale que ces jeunes livrent combat. Nous sommes à l'Epide (Établissement public d'insertion de la Défense) des Aygalades (15e), l'un des 20 centres de ce type ouverts en France depuis 5 ans par le ministère de la Défense pou r "lutter contre le chômage et prévenir la délinquance". Encadrés par des militaires à la retraite, mais aussi des enseignants et des conseillers d'insertion, 250 internes, filles et garçons âgés de 18 à 25 ans, la plupart en rupture scolaire et sociale, y sont accueillis pour une durée de 8 mois à 2 ans.
Alors, l'Armée, oui ou non? "Nous sommes un établissement civil, placé sous la double tutelle des ministères de l'Emploi et de la Politique de la ville. La discipline, La Marseillaise chantée tous les vendredis, ne sont que des outils en vue d'une insertion professionnelle. Il s'agit d'utiliser le savoir-faire et les valeurs militaires pour aider les jeunes les plus en difficulté à s'insérer dans la société", explique Jean-Paul Bonnier, le directeur.
Apprendre à se lever, à dire bonjour
À la tête de l'établissement depuis son ouverture, en 2007, sur le site de l'ancienne caserne de la Delorme, ce colonel de gendarmerie coordonne une équipe pédagogique de 60 personnes. Objectif : aider ces jeunes en perdition à se remettre sur les rails. En trouvant un emploi, bien sûr. Mais avant cela, il faut souvent tout apprendre, ou réapprendre: "Se lever le matin, dire bonjour et merci, se laver les dents après un repas..." Se refaire une santé aussi. "Beaucoup arrivent avec d'énormes problèmes dentaires. La plupart des filles n'ont jamais consulté un gynéco." Et tout se joue dès les premières minutes : "On voit des jeunes arriver avec la casquette à l'envers, le chewing-gum dans la bouche, dans l'attente qu'on les assiste. Je recadre immédiatement", explique le directeur. Son discours de bienvenue commence invariablement par ces mots : "Ici, on ne vous doit rien, mais vous vous devez tout à vous-mêmes."
La "transformation comportementale" : c'est le label de l'Epide, qui différencie ces centres des écoles de la 2e chance par exemple. Hygiène, assiduité, condition physique (2h de sport tous les jours), politesse, ponctualité : "Les règles qu'on enseigne ici sont les mêmes que celles qui seront exigées par votre entreprise", explique Jean-Paul Bonnier à ses troupes. Et ça marche : 60% des jeunes sortent de l'Epide avec un métier ou du moins une formation. Les contrats décrochés correspondent à des postes à faible qualification, dans le BTP, l'hôtellerie, la grande distribution, les services à la personne. Mais aussi dans... l'Armée, vers laquelle se dirige un jeune sur trois. Cela signifie aussi que 4 élèves sur 10 décrochent : la moitié abandonnent d'eux-mêmes, les autres sont exclus. Sans états d'âme : "On ne peut pas se permettre de compromettre l'avancée collective en gardant ceux qui dysfonctionnent trop, qui ne sont pas prêts à faire le premier pas".
Car la clé de la réussite à l'Epide, c'est la motivation. "Si le jeune n'est pas volontaire, c'est échec assuré", confirme Nourredine Bougrine, coordonnateur pédagogique. Cet ancien prof de maths salue "le courage de ces jeunes, qui quittent leur cadre de vie, leur famille, qui remettent en cause leurs représentations, pour revêtir l'uniforme, dormir en dortoir, marcher en rangs". L'essentiel pour eux c'est "qu'à l'Epide, le travail paye toujours. Il y a quelque chose au bout de l'effort". Un message qui porte : au dernier recrutement, pour 30 places proposées, il y avait plus de 500 demandes.
Des Grandes Têtes pensantes avaient jugé Bon de supprimer le service militaire dans le but de faire des économies .
Quelques Années plus tard tous le monde ( à moins d'être Aveugle et Sourd ) se rend compte de l'énorme erreur .
Sans reprise en main ( ferme ) de certains individus, non socialisés, inadaptés, inintégrables ni assimilables, sociopathes,
n'ont fait qu'augmentez les incivilités , la délinquance et la criminalité .
Cette bonne idée nous coûte énormément chère et nous coûtera de plus en plus si rien n'est fait