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la Turquie dans l'Europe

François Hollande favorable à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne

Claudine Lepage, sénatrice PS représentant les Français de l’étranger, était la semaine dernière en visite à Istanbul. Sénatrice depuis septembre 2008, elle est aussi responsable des thématiques touchant les Français de l’étranger dans l’équipe de campagne de François Hollande

 

A une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, Claudine Lepage est venue rencontrer des Français établis à Istanbul "à la fois pour les entendre et leur rappeler d’aller voter". La visite était donc différente de celles faites habituellement. A la place des traditionnelles visites d’écoles, instituts et consulats, la sénatrice a préféré rencontrer des groupes de Français d’Istanbul et des associations. Elle a également été reçue par le maire de Şişli, Mustafa Sarigül.

Claudine Lepage sur la terrasse de l'hôtel Tomtom suites à Istanbul, samedi 14 avril (photo MA)

Claudine Lepage a rappelé les premières mesures qui seront prises à l’égard des Français de l’étranger si François Hollande est élu président de la République. La priorité est de "proposer une aide à la scolarité en fonction des revenus pour les familles scolarisant leurs enfants dans les écoles françaises à l’étranger". Une importance sera également donnée aux institutions et à la culture en stoppant les fermetures de postes dans les consulats et les fermetures d’instituts culturels. La sénatrice tient à rappeler un autre sujet auquel est attaché le candidat socialiste et qui ne concerne d’ailleurs pas exclusivement les Français de l’étranger : la binationalité. "Une richesse et une ouverture sur le monde" qu’il est hors de question de remettre en cause, selon le PS.

Concernant les retraites, François Hollande ne s’est pas engagé sur cette question mais le projet est bien en germe au sein du Parti Socialiste : renforcer les conventions de sécurité sociale pour la retraite et en faire de nouvelles avec les pays qui n’en n’ont pas encore, "tout cela pour éviter que quelqu'un qui a cotisé à l’étranger se retrouve pénalisé à son retour en France". C’est tout un système qui est à revoir. Enfin sur la question de la fiscalité, "il n’est pas question de faire payer aux Français de l’étranger des impôts à partir du moment où ils sont dans un pays où il y a une convention fiscale". Il faut cependant lutter contre les paradis fiscaux. Pour cela, le candidat François Hollande s’engage à renégocier les conventions fiscales avec les pays où l’on soupçonne le plus la présence de paradis fiscaux, c'est-à-dire la Suisse, la Belgique et le Luxembourg.

Il y a quelques jours, François Hollande déclarait que l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne ne se ferait pas durant le prochain quinquennat. Une déclaration à prendre avec nuance selon Claudine Lepage : "Il a dit que ce n’était pas à l’ordre du jour. Traditionnellement, les socialistes ne sont pas du tout opposés à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Simplement la Turquie doit répondre à un certain nombre de critères, faire des efforts dans plusieurs domaines et cela prend du temps. Mais François Hollande n’a pas dit qu’il était opposé à l’entrée de la Turquie". Les efforts à faire, selon la sénatrice, concernent la démocratie, la question kurde, le génocide arménien, ainsi que le droit des femmes                                                                                                                                            Et l'éclatement de la zone euro : 

Petit manuel de survie en cas d’éclatement de la zone euro

Par Philippe Herlin, chercheur en finance, chargé de cours au CNAM. Il est l’auteur de L’or, un placement d’avenir (Eyrolles, 2012), de Repenser l’économie (Eyrolles, 2012) et de France, la faillite ? : Après la perte du AAA (Eyrolles 2012).

Sauve qui peut ? Certains épargnants commencent déjà à anticiper un éclatement de la zone euro. Si les Français sont encore calmes, les Grecs, les Irlandais, les Espagnols ou les Portugais fuient déjà vers l’Allemagne ou le Luxembourg. Voici comment ne pas perdre au change…

Les épargnants européens commencent sérieusement à anticiper l’éclatement de la zone euro. Enfin, plus précisément ceux qui auraient beaucoup à perdre : les Grecs, les Portugais, les Espagnols et les Italiens.

On sait depuis longtemps que les Grecs diminuent progressivement leurs avoirs en Grèce pour les transférer dans d’autres pays. Ce que nous apprend ce graphique de Bloomberg c’est que l’Italie, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal font face à des fuites de capitaux d’un montant croissant, en forte accélération depuis l’été 2011, qui a marqué un palier supplémentaire dans la crise de la zone euro. Et cet argent afflue vers les pays considérés comme sûrs : l’Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg.

Ainsi que la Suisse bien sûr, mais qui ne figure pas dans ce graphique qui ne prend en compte que la zone euro.

Les politiciens peuvent dire ce qu’ils veulent, les épargnants commencent à fuir les pays à risque pour se mettre à l’abri.

 

Certaines banques s’adaptent à ce mouvement et l’accompagnent. Par exemple, la Deutsche Bank au Portugal a abandonné son statut de filiale à part entière pour devenir une simple représentation commerciale, sous-entendu : « mettez votre argent chez nous et il sera transféré en Allemagne, ainsi en cas d’éclatement de la zone euro vous vous retrouverez avec des Deutsche Marks plutôt qu’avec des escudos qui ne vaudront pas grand chose ! »

Et la France ? Pas de mouvement de fond pour l’instant, même si les banques privées suisses constatent de nombreuses arrivées. On ne note pas de défiance, mais il faut garder à l’esprit qu’un éclatement de la zone euro s’accompagnerait de faillites bancaires, ou au minimum de comptes épargnes bloqués le temps de « stabiliser la situation », comme on l’a vu lors de la crise argentine.

Ceci dit, ouvrir un compte à l’étranger ne concerne que les personnes disposant d’un capital déjà significatif. Que faire quand ce n’est pas le cas ? Investir dans des actifs réels (immobilier, or) qui garderont toujours une valeur intrinsèque. Pour le reste ? L’argent en banque serait automatiquement transformé dans la nouvelle monnaie (en « nouveau franc »…), mais pour les billets, il y a une chose à savoir.

Prenez un billet : le numéro de série est précédé d’une lettre, il y a de forte chance que ce soit un U. Normal, c’est un billet géré par la Banque de France. Chaque banque centrale gère ses billets et une lettre permet d’en identifier la nationalité.

En cas d’éclatement de la zone euro, ces billets seraient convertis dans les différentes monnaies nationales… Les « U » en nouveau franc donc. Si vous avez un billet « Y », refourguez-le, il est grec ! Par contre, collectionnez les « X », ce sont de futurs Deutsche Marks.          

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