Les négociations pour l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne ont repris de plus belle mardi 22 octobre.
Apparemment, les seuls obstacles probables à l’avancée de ce « nouveau chapitre » des négociations tiennent depuis longtemps au refus de la Turquie de reconnaître le gouvernement chypriote. Mais comme Chypre serait à deux doigts de quitter l’Union pour se préserver des agressions bancaires des technocrates de Bruxelles, les eurocrates peuvent d’ores et déjà sabrer le champagne. En effet, la quasi-totalité des pontes de la gauche au pouvoir en France est favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union, à l’exception notoire de l’actuel occupant du Quai d’Orsay, Laurent Fabius, mais il semble que celui-ci ait fini par se conformer courageusement aux directives éclairées de son gouvernement.
La décision est pourtant plus que difficile à comprendre. Alors que les eurocrates se gargarisent de la « défense de la liberté et de la démocratie » et que le Parti socialiste français donne des leçons de « droits de l’homme » à la moitié de la planète, s’il y a bien un cas où il ferait bon les voir appliquer leurs beaux principes, nous y sommes : la Turquie occupe militairement la moitié de l’île de Chypre et a dressé un mur entre les populations grecques de Chypre, installées depuis des siècles, et les Turcs qu’elle continue de faire affluer pour gagner la rapport de force démographique ; la Turquie refuse encore et toujours, et malgré toutes les preuves historiques imaginables, de reconnaître, élémentaire honnêteté, le génocide arménien commis par l’Empire ottoman au début du XXe siècle ; deux régions aujourd’hui en territoire turc, la Thrace orientale et le nord-est de l’Anatolie orientale, sont des régions appartenant historiquement, respectivement, à la Grèce et à la Géorgie : le patrimoine chrétien orthodoxe y est aujourd’hui détruit, les minorités religieuses fortement contraintes.
Certes, faire de la politique en se fondant sur les « droits de l’homme » est une ânerie propre à la bêtise contemporaine. Il est cependant remarquable de voir que pour gagner ce combat politique de longue date qu’est l’adhésion de la Turquie à l’UE, les belles consciences humanistes marchent allègrement sur leurs principes. Il ne faut voir là qu’une énième preuve du caractère profondément destructeur de la politique d’élargissement de Bruxelles, qui s’acharne à faire ce pied de nez aux racines chrétiennes de l’Europe en tentant coûte que coûte d’y inclure les restes d’un empire musulman. Espérons que ce qu’il reste de politiciens dignes dans notre pays saura se lever pour dénoncer ce nouveau pas dans la disparition des repères culturels de notre histoire commune.
