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élections Présidentielle 2012

Dans la rubrique du politiquement incorrect, je vais essayer de vous convaincre du bien-fondé de mon analyse de la réponse à la question suivante : Et si nous nous trompions d’échéance ? N’y voyez surtout en aucune manière une forme de découragement ou de renoncement, non ! Bien au contraire, ma foi et ma volonté de faire triompher la voix de la France demeurent intactes et seront même renforcées au vu du résultat des élections. Mais, force est de constater qu’une analyse sociétale et surtout comportementaliste de la situation me prête à souscrire une hypothèse que beaucoup d’entre nous refuse, car vouée aux gémonies… Sans doute refuserez-vous le concept et même d’y avoir pensé un seul instant, voulant à tout prix vouloir son idéal, son rêve enfin se réaliser, et pourtant…


Oui pourtant, quand bien même notre aspiration à un changement radical de mode de gouvernance est enfouie au plus profond de nous, il reste néanmoins certains obstacles qui peuvent paraître mineurs mais qui, régulièrement, font basculer le résultat des consultations populaires lors des échéances électorales majeures qui engagent l’avenir de notre pays. Au premier rang de ces écueils l’on retrouve un facteur psychologique inhérent à la nature humaine et qui trouve son origine dans notre propre anxiété, dans le fait d’avoir peur de faire mal et de se sentir au final rejeté par ses semblables à ne pas adopter une attitude identique. Elle peut également revêtir le fait que l’on veuille punir quelqu’un ou tout un système par la rancœur que l’on éprouve envers lui mais que l’on ne sache trop comment s’y prendre. Au final, la somme de ces freins se traduit par une procrastination, le fait de reporter une décision importante au lendemain, considérant qu’il sera toujours encore temps de le faire plus tard… Il est évident qu’il s’agit d’un manque évident de confiance en soi pour pouvoir aller au bout de ses désirs, non point que le désir soit absent, mais que nos freins naturels et instinctifs nous poussent à reporter l’échéance fatidique. Et l’isoloir est sans doute aussi le dernier élément qui risque de nous faire basculer lors de notre choix final… Sans nul doute y a-t-il là aussi une certaine forme de masochisme à vouloir reproduire la situation antérieure contre laquelle on élevait la voix en public pour faire bonne mesure, mais qui a du mal à sortir de sa sphère d’origine pour s’exprimer librement.

Mais d’autres causes à la non remise en question du système peuvent tenir tout simplement au petit confort personnel que l’on possède et que l’on veut jalousement garder pour soi. Pour ce faire, il faut donc agir en conséquence pour éviter de sortir de sa zone de confort apparent, quitte à faire des concessions ou des sacrifices que l’on juge mineurs ou acceptables afin, pense-t-on (à tort), de préserver l’essentiel !  Cette attitude néfaste lors d’un vote car elle consiste à reproduire le schéma antérieur, à savoir l’on sait ce que l’on a mais nous ne savons pas ce que l’on trouve, et de ce fait à réitérer notre vote pour les candidats du système. Bien entendu, cette attitude trouve son origine dans le fait d’éviter un stress ou une attitude anxiogène mais avec pour conséquence paradoxale d’augmenter notre tension sitôt l’action accomplie car elle nous renvoie à nos propres contradictions et notre peur de l’avenir. Il s’en suit immanquablement un sentiment de culpabilité qui nous pousse à avoir la réaction intellectuelle que l’on ne nous y reprendra plus la prochaine fois… jusqu’à la fois d’après !

Bien évidement  il y a toujours cette attitude idiote du français moyen qu’est la propension à remettre toujours les mêmes bulletins dans l’enveloppe qui va aller remplir l’urne électorale en se disant : « Oh, après tout il n’est pas si mal ! » Et hop, sitôt dit, sitôt fait et sitôt regretté… Pour ne pas dire plus, maudire ce que l’on vient de faire en jurant les grands dieux que l’on n’y reprendrait plus, mais encore plus maugréer contre celui à qui on vient de sauver la mise en l’élisant encore une fois de plus !

Il y a également un fait qui risque de faire couler de l’encre : la gauchisation du discours de MLP sous l’influence chevènementiste pour le rendre plus acceptable politiquement. Tout observateur à l’œil averti s’en est rendu compte. Après les tragiques attentats de Toulouse, il a été tout à fait surprenant de voir Marine Le Pen prendre du recul et effectuer des déclarations tout à fait mesurées et à l’encontre des fondamentaux idéologiques du F.N.… En agissant de la sorte, elle s’aliène son électorat traditionnel qui, à ce compte-là, préfère encore voter Sarkosy qui tient peu ou prou le même langage. Il s’ensuit donc un inévitable siphonage des voix de Marine Le Pen par Sarko sur son électorat de droite à hauteur de 4 à 5 % et de Mélanchon sur celui de gauche dans une proportion de 2 à 3 % à ne pas s’être davantage impliquée sur le patriotisme économique auprès de la classe ouvrière pourtant disposée à lui accorder ses suffrages. Cherchez l’erreur alors qu’elle avait toutes les cartes en main pour rebondir après les attentats de Toulouse elle se retrouve en chute libre dans les intentions de vote.

Une autre raison pour laquelle le système risque de perdurer, encore un temps, si minime soit-il, c’est la mainmise des groupes de presse et de communication qui orientent le vote en fonction de leurs intérêts personnels. Lorsque l’on sait que ces quelques groupes détiennent l’ensemble de la presse écrite et audio-visuelle, nous pouvons nous interroger sur la liberté d’action des journalistes et encore plus de la liberté de penser… A titre d’exemple, le groupe du Crédit Mutuel détient l’ensemble des journaux d’un très large quart Nord-Est de la France, sans concurrence réelle. Et il en va partout ailleurs de même, de sorte qu’internet est devenu le seul espace de liberté qu’il reste afin de pouvoir s’exprimer, mais pour combien de temps encore ? Ainsi, cette dépendance suprême à l’égard des groupes de communication implique que l’on fabrique des candidats « sur-mesure » que l’on voudrait voir gouverner le pays pour ne pas avoir à subir les aléas d’un changement de cap trop profond de la situation politico-économique du pays en les médiatisant à outrance. En effet, en technique de communication il est bien connu que c’est la répétition d’un message, surtout s’il est administré de façon subliminale, qui permet au final l’acceptation du produit que l’on met en vente, ici en l’occurrence un candidat à l’élection à la magistrature suprême. Eh oui, tout se vend, y compris l’image fabriquée d’un candidat potentiel. A ce stade, comment également ne point parler de l’influence électorale des sondages d’opinion ? De toute évidence ils sont là pour manipuler l’opinion publique afin de réorienter le vote des électeurs lorsque le résultat n’est pas en adéquation avec les attentes de la classe dirigeante aux affaires. De cette façon, la tentation du vote « utile »  et ce, dès le premier tour, reprend encore le dessus sur toute autre considération. Il ne faut surtout pas que le camp d’en face gagne et l’on diabolise le fait de voter selon ses convictions profondes en culpabilisant l’électeur en lui prédisant que le ciel lui tomberait sur la tête s’il ne se conforme pas à la pensée unique dans son vote ! Toutes les manigances sont les bienvenues…Tout ceci concourt au fait qu’un candidat « hors système » devra se battre non seulement contre celui-ci, contre les groupes de communications qui feront tout pour le déstabiliser et le décrédibiliser mais également contre ses adversaires politiques trop heureux de bénéficier de la complicité implicite de cette coalition à leurs soldes… James Freeman Clarke , écrivain anglais du 19ème siècle nous disait avec justesse que « La différence entre l’homme politique et l’homme d’état est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération ». De toute évidence, lors des élections des 30 dernières années, c’est ce fait qui prévalait.

Et pour finir de dresser le tableau, qui aboutira in fine à la redite des élections précédentes, et qui a pour trait le point essentiel de cet essai : le peuple n’est pas arrivé au bout de ses souffrances pour pouvoir s’imposer un changement de régime, se faire violence afin de procéder au changement salutaire ! Il lui faudra encore plus de douleurs personnelles, plus de sacrifices, encore plus de misères, à lui et à ses proches, remettant en cause toute sa petite stabilité et tranquillité pour qu’il consente enfin de se rendre à l’évidence et modifier en sorte son comportement électoral. Certes, nous avons connu la crise financière, la crise monétaire, la crise de la dette, le chômage endémique, mais pas à des niveaux tels qu’il remette en cause toute notre société de consommation, enfin pas encore… Il faudra encore plus de dettes, encore plus de chômage, encore plus de scandales financiers, encore plus de pression migratoire, encore plus de violence et d’insécurité qui, là, seraient susceptibles d’attaquer et de mettre en péril nos petits acquis, nos petites économies, nos petits privilèges pour qu’il y ait une prise de conscience collective majeure conduisant au changement de mode de gouvernance. Or, il n’y a guère que dans les situations critiques, d’urgence, ou de survie que l’on parvient à y arriver. Les guerres et autres conflits sont en ce sens d’excellents révélateurs puisque les citoyens ordinaires sont capables de surmonter leurs craintes instinctives naturelles pour parvenir à préserver l’essentiel, c’est-à-dire à ce qui tient à préserver l’essence même de sa culture, de son identité, de sa propre survie, de son intégrité territoriale, en raison des craintes que ces dernières ne soient définitivement hypothéqués pour l’avenir de leur propre descendance. Or, nous le voyons bien, la crise économico-financière et de société, même si elle est très dure à traverser, n’a pas encore atteint son paroxysme. En cela, nos dirigeants ont largement contribué à repousser davantage l’échéance, qui va au-delà de celles électorales pour leur petit confort personnel. La date butoir de l’implosion du système vérolé et tant de fois dénoncé par des sommités en matière économique, et non des moindres parmi lesquelles l’on compte pas moins de cinq prix Nobel d’économie dont notre regretté et cher Maurice Allais, mais aussi  Milton Friedman , Paul Krugman , Amartya Sen, Joseph Stiglitz,,sans parler de la kyrielle d'autres économistes, allant de Jacques Sapir à  Jean-Jacques Rosa ou Gérard Lafay, n’a pas encore été atteinte, le gangstérisme politique et financier arrivant à se coaliser pour les repousser au-delà des élections françaises si ce n’est américaines de fin d’année. Et pour le coup, là on trouve les moyens de financement : pas moins de 800 milliards d’euros pour faire sortir les PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne) du trou financiers, du moins provisoirement… et donner à l’opinion publique l’impression que « tout va très bien Madame la Marquise » en ayant agi de la sorte. Impression flatteuse mais trompeuse dont nous payerons cash les implications erronées.

Les faits ont toutefois la peau dure : entre être d’accord avec les prises de position de Marine Le Pen et la voir effectivement arriver au pouvoir il y a une marge qui s’apparente à un fossé, tout du moins pour l’instant. « Toute vérité passe par trois étapes. Tout d’abord elle est ridiculisée. Ensuite elle est violemment combattue. Et enfin, elle est acceptée comme ayant toujours été une évidence » nous disait Arthur Shopenhauer, philosophe allemand. Or, malheureusement nous n’en sommes actuellement qu’au stade ou la réalité est violement combattue et que la prise de conscience ne commence à poindre le jour qu’à la lumière des crises à répétitions de ces dernières années et des menaces qui pèsent sur l’avenir de l’identité et de la survie même de notre pays. Nous sommes donc encore un poil trop tôt pour que le phénomène soit pris à la juste mesure de son ampleur aux conséquences dramatiques pour nos peuples et notre civilisation toute entière. Seule une succession d’évènements gravissimes et dramatiques pourront réellement nous faire espérer que cette échéance arrivera ! Mais de toute évidence, ce ne sera pas encore pour cette fois-ci, la situation est sans doute grave mais pas désespérée, et c’est ce qui va pousser bon nombre de nos concitoyens à céder encore une fois aux sirènes des chantres de l’escroquerie politique, beaucoup n’ayant pas la culture nécessaire pour faire le discernement ! Mais cette fois-ci, la potion sera plus amère que la dernière fois, le vote se fera par défaut, on ne votera plus par conviction profonde pour élire un candidat, mais on s’attachera à voter pour que le candidat du camp d’en face ne soit pas élu et de vouloir élire le « moins pire » à ses yeux ! A ce jeu là, le candidat Hollande gagne, bénéficiant d’un meilleur report de voix des forces d’extrêmes gauche tandis que Sarko à la peine avec les électeurs du FN qui vont se retrouver chez lui dans seulement 40 % des cas, les plus orthodoxes se réfugiant soit dans l’abstention, soit dans le vote blanc ou nul va voir ses espoirs s’envoler. Il est vrai que pour l’instant, Hollande, par rejet massif de la politique spectacle du candidat-président trop étiqueté avec l’oligarchie financière, et surtout la non réalisation des promesses électorales du candidat de 2007, semble en passe de réaliser le grand chelem… mais pour combien de temps encore ? La réalité va vite frapper à la porte des électeurs déçus et compatissants d’un système vérolé qui est en bout de course ! Néanmoins le président élu ne bénéficiera pas d’état de grâce et très vite sa dégringolade au vu des évènements tragiques va s’effectuer, chute bien plus rapide que son ascension dans les sondages et son accès à la présidence, les notions de compassion se réduisant comme peau de chagrin. Nous sommes bel et bien dans le schéma d’un dernier et ultime épisode de la 5ème République avec sa dislocation à la clé si les évènements économiques et financiers se précipitent. Il s’en suivra une nécessaire recomposition de la classe politique dans son ensemble. Adieux baronnies et autres confréries… mais pour après les élections !

Jamais l’expression américaine « the right man at the right place at the right time » (l’homme, ou la femme, idéal au bon endroit au bon moment) n’aura pris aussi peu d’importance, et pour cause ! Le vote se fera par défaut et l’on ne votera pas pour un candidat mais plutôt pour que le candidat d’en face n’accède pas au pouvoir. Et cette maxime s’applique également à Marine Le Pen, qui semblait un temps faire la course pour la finale voit son rêve bel et bien hypothéqué, sauf surprise de dernière minute, car la véritable échéance n’est pas celle de 2012, mais bel et bien la prochaine, en 2017 quand le système n’existera plus en raison de la superposition des crises… à moins que le système tout entier n’implose sous les coups de boutoir de l’aggravation dramatique de la crise qui permettra au peuple de reprendre ses véritables prérogatives, confisquées jusqu’alors. Mais dans quelle douleur se fera-elle ?
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