Les pères seront dans la rue le 24 mars prochain ! Ils ont été les grands absents des différents collectifs qui s’agitent depuis des mois pour sauver une institution peut-être moins moribonde que ne s’accordent à le penser nos politiques et nos médias : le mariage civil. Il faut bien avouer que le débat, pour l’instant, a été particulièrement féminin et adolescent : Christiane Taubira en tête, avec Dominique Bertinotti et Najat Vallaud-Belkacem comme écuyères pour défendre la loi, Frigide Barjot et Laurence Tcheng pour s’y opposer, accompagnées de Xavier Bongibault, un tout jeune homme ayant renoncé à sa paternité et pensant que la vie est plus gaie sans mariage.
On ne les entend pas tous ces pères car leur préoccupation aujourd’hui, c’est de défendre ou de maintenir leur emploi en se demandant comment, à la fin du mois, on nourrira les enfants, on paiera les études des plus grands, les couches-culottes des plus petits et le crédit des quatre murs et du toit qui abritent la famille. Ceux-là n’ont pas le loisir de s’offrir un voyage au Brésil pour s’acheter un « bébé GPA » !
On ne les entend pas encore, ces pères, mais lentement ils se réveillent en constatant qu’après avoir été trompés par des politicards incapables de conserver leur dignité de travailleur, on s’attaque maintenant à leur dignité de père.
On ne les entend pas encore ces hommes en colère, les pères de toutes les familles bien élevées de France qui paient leurs impôts, se lèvent tôt et ferment leur gueule, mais ils seront là le 24 mars à Paris. Ils y seront d’autant plus nombreux que c’est maintenant le droit à la parole qu’on veut leur enlever, en leur interdisant les Champs Elysées pour manifester. Le chef de l’État a cru qu’il révélerait quelques attributs virils en jouant les va-t-en-guerre contre des ennemis islamistes qu’il n’ose d’ailleurs même pas nommer : c’est qu’il ne connaît pas la prophétie de Charles Péguy : « Le véritable aventurier des temps modernes, c’est le père de famille. »






