Pompiers et policiers qui tentaient de porter secours aux victimes du déraillement ont fait face à des jets de pierres.
L'info. C'est une scène incroyable à laquelle ont assisté les policiers à leur arrivée à Brétigny-sur-Orge. Alors qu'ils tentaient de porter secours aux victimes du déraillement du Paris-Limoges, dans lequel au moins six personnes ont trouvé la mort, ils ont dû faire face à des jets de pierres de la part d'un petit groupe de jeunes. A l'origine de l'agression, des pillards, qui seraient venus voler sur les corps des morts et des blessés ce qu'ils pouvaient emporter. La gravité de l'incident, qui provoque déjà de vives indignations, n'est toutefois pas encore clairement déterminée.
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"Ils semblent porter secours aux victimes". Nathalie Michel, du syndicat de police Alliance, raconte la scène au micro d'Europe 1 : "A 17 heures 30, alors que nos collègues interviennent, ils voient un groupe de jeunes qui approchent et qui semblent porter secours aux victimes. Très rapidement, ils se rendent compte que ces individus sont présents pour dépouiller les victimes et notamment les premiers cadavres", s'insurge la syndicaliste. Les policiers décident alors de les chasser, mais les jeunes n'entendent pas se laisser faire. Ils ripostent aux forces de l'ordre en leur jetant des pierres, ainsi qu'aux pompiers en cours d'intervention. Pour s'en débarrasser, les secours sont contraints de demander des renforts. "C'est inqualifiable, monstrueux", ajoute encore Nathalie Michel, écœurée.
Peu de chances d'être retrouvés. Au moins un suspect a été arrêté pour vol, mais les autres ont peu de chances d'être retrouvés : une partie des caméras de la gare était hors-service après l'accident, et les policiers présents sur place travaillaient surtout à secourir les victimes. Selon une source judiciaire, le jeune homme, interpellé vers 19h30 pour "outrage, vol, et violences en réunion", est mineur. Il a été placé en garde à vue.
Le gouvernement nuance... Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a pour sa part minimisé les pillages, refusant de parler de "véritables actes commis en bande". Le ministre fait état d'"actes isolés", d'"une personne interpellée", et d'"une tentative de vol de portable" au préjudice d'un secouriste, mais n'a pas connaissance "de victimes dépouillées". Il confirme cependant que des pompiers ont "par petits groupes été accueillis de façon un peu rude" sur le site de l'accident. Le sous-préfet d'Etampes, Ghyslain Chatel, a confirmé l'interpellation, et a précisé qu'il n'y en avait pas eu d'autre. Il a également démenti que des secours aient fait l'objet de jets de projectiles, à l'exception d'un camion de pompiers, qui pourrait avoir été visé mais n'aurait pas été touché.
Brétigny : Quand Hollande exclut toute hypothèse de sabotage, traduisons qu’il verrouille cette piste
Il y a trois ans presque jour pour jour, j’écrivais les lignes ci-après posant la question des droits inséparables des devoirs, d’un point de vue classiquement républicain. La Villeneuve de Grenoble venait d’être saccagée par presque deux semaines de guérilla urbaine.
Des « jeunes », comme il est obligatoire de les appeler pour ne pas « stigmatiser » une population étrangère ou originaire d’Afrique du nord, des jeunes donc, même s’ils étaient trentenaires pour certains, feront bloc, comme un seul. Ils riposteront, par une furieuse vendetta, à la mortelle mise hors d’état de nuire d’un de leur potes de jeunesse qui était sorti, -d’un casino qu’il s’en était allé braquer-, en tiraillant à la Kalachnikov sur la police.
Trois ans plus tard, que dire ?
Est-ce que les choses se sont apaisées, arrangées ?
Est-ce que nous n’avions alors eu affaire qu’à une locale poussée de fièvre jeune, sans signification politique ? N’était-ce qu’une poussée d’énervement local n’imposant pas de reconsidérer les choix stratégiques de la bureaucratie de l’union europoïde et de ses factotum à la tête de gouvernements des pays d’Europe, en particulier matière d’ouverture des frontières nationales et européennes confrontés à certains flux humains refusant d’adopter les comportements de base permettant d’avoir une vie sociale et un voisinage apaisé dans les pays d’accueil ?
Ces derniers jours, l’actualité a été riche d’événements
Ils ont montré l’homme, qui s’est pris pour le mètre étalon du comportement présidentiel, nous dire et nous redire : que tout allait pour le mieux, ou presque, dans ce meilleur des mondes que serait devenue la France sous sa houlette éclairée.
Ce 14 juillet, seul ou presque, il a même vu la reprise économique pointer son nez.
Ce 14 juillet encore, reprenant à son compte le succès de l’orchestre de Ray Ventura (1936), notre génial et perspicace président exemplaire, s’est mué en Sherlock Holmes combiné aux commissaires Bourel et Maigret. Concernant la catastrophe ferroviaire de Brétigny, « il exclut une hypothèse criminelle ». Il exclut, dit-il. En d’autres termes, il conclut avant même l’achèvement de l’enquête que, ce faisant, il prétend ainsi verrouiller.
Peut-être est-il trop tôt pour parler d’attentat ou de sabotage ferroviaire, mais enfin, il y a des choses curieuses qui se sont passées sur ces rails et autour, à Brétigny. Il y a eu des choses pas courantes, pour ne pas dire étranges, avec cette éclisse dont trois des quatre boulons se dévissent tout seul et s’en vont, tandis que le quatrième se dévisse lui aussi de lui-même et reste, permettant une étrange rotation à la dite éclisse.
C’est ce mouvement peu courant, pour ne pas dire improbable, qui interroge les enquêteurs et les commentateurs sérieux. Mais ces étrangetés, combinées à ce non-étrange hasard qui voit une bande de « jeunes » être présente sur les lieux du drame avant les secours, se jeter sur les victimes de la catastrophe pour les alléger de leur portable et riposter à coups de jets de pierre quand les pompiers les feront partir, ça, cela n’interroge pas notre potentat élyséen dont les cheveux sont soigneusement passés au noirs charbon pour que nous ayons la certitude d’avoir un président mâle, vigoureux, en bonne santé et toujours jeune.
Non, tout va bien madame la marquise, tout est normal madame la marquise, tout est normal, rien de grave ni de menaçant à l’horizon…
Cette petite ville de la proche banlieue parisienne, ayant passé une nuit de 13 juillet au rythme des pétards mortiers lancés vers la police, une petite ville d’un peu plus de vingt mille habitants, où, selon des habitants, on verra les artificiers amateurs adeptes du « nique la police », des« jeunes » là aussi, brûler trois voitures et se faire accompagner dans leurs mouvements de danses et de pas en avant puis de pas en arrière autour de la police, de quelques porteurs de « barbes » et de djellaba. Ils s’amusaient, rien de plus. Ils jouaient, un peu bruyamment, -ces grands gosses facétieux- à narguer amicalement la police…
Cette proche banlieue, l’hôte élyséen et les siens n’en ont pas entendu parler. Vous pensez, seulement trois voitures incendiées et rien que quelques tirs de mortiers vers la police, pas de quoi en faire un drame. J’allais oublier cet autre non-événement du 13 et 14 juillet 2013 pour le discours présidentialo-normal. Vous savez, c’est cet autobus, tiré au mortier lui aussi, sur le boulevard Berthier. Le conducteur n’a eu que le temps d’évacuer les passagers, et l’autobus s’est transformé en torche, en brasier. Non, décidément, c’est sûr, tout va très bien madame la marquise, Normal le dit, faut le croire.
Il nous l’a dit notre Ray Ventura présidentiel, tout va très bien !
Répétez avec lui : tout va très bien ; la reprise pointe et il ne s’est rien passé de grave à Brétigny, rien que de la faute à pas de chance et, peut-être un manque de surveillance des services de maintenance de la SNCF ? Voilà on a trouvé le coupable, à Brétigny, ce n’est pas un lampiste, c’est un, deux ou trois cheminots pas assez attentifs et leurs hiérarchie qui n’est pas assez sur leur dos.
Alon Gilad
Brétigny : la malveillance exclue avant toute enquête…
Le 17 juillet 2013
Le gouvernement n’est peut-être pas encombré de virtuoses du plein emploi et de champions en baisse de délinquance, mais une chose est désormais bien établie : Manuel Valls et François Hollande s’y connaissent en chemin de fer. Une telle vitesse de diagnostic permet même d’affirmer que nous sommes en présence de deux prodiges. Les Nostradamus de la catastrophe ferroviaire !
Dès les premières heures qui suivaient l’accident en gare de Brétigny, avant le moindre avis d’ingénieur, le plus petit rapport d’expert, Manuel Valls affirmait avec le sérieux surjoué que nous lui connaissons : « Nous n’avons pas le sentiment qu’il s’agisse d’un acte de malveillance. » Nous n’avons pas… Il y a déjà eu concertation. Les éléments de langage ont été distribués à la cantonade. Le doute n’est pas autorisé.
Et François Hollande d’enfoncer le clou alors qu’il vient de sortir miraculeusement indemne du défilé du 14 juillet : un acte de malveillance ? « Ce n’est pas l’hypothèse que je privilégie. » C’est le spécialiste qui parle. Le visionnaire du rail.
Après cet embrouillamini de caillassage des secours et de vol de portable, ajoutez un dévissage de boulons exécuté de main de maître par un de ces mêmes jeunes sensibles et vous obtenez le déraillement le plus catastrophique de toute l’histoire de la Ve République : le train-train Hollandesque couché sur le côté, le TGV Marine Le Pen qui lui roule dessus ; l’horreur à l’état brut. Fort heureusement, nos deux pompiers se sont pendus au signal d’alarme et le carnage a peut-être été évité. D’ailleurs, les véritables malveillants ne sont-ils pas ceux qui tenteraient de démontrer que l’accident est un peu bizarre ?
Avec cette attitude partiale et ridicule, ce triste duo a jeté le discrédit a priori sur les futures conclusions de l’enquête. Après cette orientation définie par avance, cette injonction à ne regarder que dans une seule direction, même s’il s’agit réellement d’un accident à mille lieues d’un sabotage, le doute persistera dans les esprits. Comme une manière d’obtenir le contraire du résultat souhaité. Spécialistes en chemin de fer d’accord… mais en vraiment rien d’autre