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ASPA

Après être devenu un hôpital pour les clandestins via l'AME, la France peut ainsi devenir
 aussi une généreuse maison de retraite.

Invité de Léa Salamé sur France Inter lundi, j’ai été amené à évoquer l’ASPA 
(allocation de solidarité aux personnes âgées, 
ex-minimum vieillesse) et la manière dont en bénéficient des milliers d’étrangers 
sans jamais avoir cotisé. Quiconque a dans
 son entourage l’un de ces retraités pauvres, souvent anciens agriculteurs ou 
commerçants, qui vit avec quelques centaines
 d’euros par mois comprendra immédiatement le caractère scandaleux du sujet.
 Comme la fameuse aide médicale d’État,
 ce gouffre financier sans fond – 744 millions d’euros en 2013 – qui permet aux
 clandestins d’être soignés gratuitement 
dans notre pays, il s’agit d’une forme de « discrimination positive » 
(positive pour les immigrés, et donc négative 
pour les nationaux) ou de préférence étrangère.

Cela m’a valu les honneurs de la rubrique « Désintox » de Libération.
 Ces journalistes appartiennent à cette nouvelle 
caste dans la caste qui se piquent de – pardonnez l’anglicisme –
 « fact checking » et s’en vont ainsi vérifier les affirmations
 de tel ou tel. Tel ou tel étant, étrangement, souvent un patriote, et le sujet
 sur lequel ils s’efforcent de démontrer
 « l’intox » étant, bizarrement, souvent l’immigration. Ainsi, pour rester
 avec la « Désintox » de Libération
 (mais les « Décodeurs » du Monde sont dans la même veine),
 je note avec intérêt qu’entre 2011 et aujourd’hui,
 ce ne sont pas moins de quatre articles qui ont été consacrés au suje
t des étrangers bénéficiaires de l’ASPA
 (toujours pour expliquer que ceux qui le dénoncent se trompent
 évidemment), ou encore que, sur leurs
 quatre dernières chroniques en partenariat avec la chaîne Arte,
 deux ont été consacrées à contrer des propos de Marine Le Pen.

Vous aurez bien compris que, sous prétexte de s’intéresser aux faits,
 le but est bien souvent purement politique. 
Il en va ainsi des chiffres comme des mots : on peut leur donner plusieurs sens.
 Et il en va des rois de la « Désintox »
 ou des « Décodeurs » comme de ces nombreux trucologues hantant nos médias :
 à les écouter, l’insécurité serait
 en constante baisse, tout comme l’immigration, alors que, bien entendu,
 l’euro n’aurait pas lourdement affecté notre pouvoir d’achat.

Mais puisque je suis donc attaqué et que manifestement Libération n’a pas jugé utile
 de revenir vers moi, voici ma réponse, 
très factuelle elle aussi. L’ASPA est, un peu à la manière du RSA, un complément
 de revenus dont peuvent bénéficier
 les personnes âgées de plus de 65 ans (ou moins dans le cas d’une incapacité 
de travail ou d’un handicap). Dans un rapport à l’Assemblée
 nationale d’avril 2013, la députée Isabelle Le Callennec faisait remarquer que de
 très nombreux agriculteurs, particulièrement concernés
 par les petites retraites et donc ce dispositif, renonçaient à l’ASPA. Il en va de même
 pour beaucoup d’autres retraités pauvres, 
ayant pourtant cotisé. Dans le même temps, les étrangers résidant en France depuis
 plus de dix ans peuvent y prétendre par une simple
 déclaration sur l’honneur, sans jamais avoir travaillé ni cotisé dans notre pays ! 
Ce sont ainsi 30 % des bénéficiaires du seuil maximal 
de l’ASPA (800 euros par mois) qui ne sont pas français. Après être devenu 
un hôpital pour les clandestins via l’AME, la France peut 
ainsi devenir aussi une généreuse maison de retraite.


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