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A MEDITER

   
   

- Point de vue - Dans quelques temps: l'Europe à feu et à sang

Le livre de Samuel Huntington « Le choc des civilisations » a mis en exergue la rivalité qui existe entre les différentes civilisations. Ce livre est un traité de géopolitique du point de vue américain. Huntington ne se focalise pas sur un choc Occident-Islam. Pourtant cette simplification devient pertinente si on prend on compte une caractéristique essentielle de l’islam actuel : le rejet par les fondamentalistes des valeurs de l’Occident. Cette caractéristique est unique.
En Chine par exemple, des fanatiques n’ont pas le projet de détruire l’Occident. La rivalité est essentiellement commerciale alors que des discours haineux contre l’Occident se multiplient dans les pays musulmans.
La civilisation occidentale a pour particularité de tendre vers l’absolu et la perfection. À l’origine, Jésus a apporté  une bonne nouvelle : l’avènement prochain du royaume de Dieu. L’espérance en des temps meilleurs est la spécificité de l’Occident. Toutefois, les chrétiens du XIe se posèrent une question. Pourquoi le royaume de Dieu n’était toujours pas advenu après un millénaire d’attente ? Les clercs trouvèrent une réponse. Les chrétiens ne méritaient pas leur salut. Ils étaient restés dans une posture attentiste et contemplative. Il fallait désormais être plus actif pour favoriser le retour du Christ. Ainsi l’Occident se couvrit de cathédrales qui s’élançaient vers le ciel ; chacune d’entre elles étant un appel à l’avènement de la cité de Dieu. Dans son livre (Qu’est-ce que l’Occident ?), Philippe Nemo décrit cette période comme « la révolution papale des XIe - XIIIe  siècles ». C’est justement à la fin du XIe siècle que commencèrent les croisades. Au XIXe siècle, cet élan mystique se transforma en ardeur révolutionnaire. Les communistes voulurent construire une société paradisiaque. Mais il s’agissait d’une hérésie car ce ne sont pas les hommes qui peuvent la  réaliser. Il est infiniment prétentieux de se prendre pour Dieu. En plus, les communistes étaient peu généreux : leur paradis était réservé aux prolétaires. À la fin du XXe siècle, une nouvelle hérésie est apparue : la société multiculturelle et multiraciale. Elle est présentée comme la société paradisiaque tant espérée. La civilisation occidentale devrait fusionner avec toutes les autres pour former une nouvelle société harmonieuse. Pourtant cette « société paradisiaque » ressemble davantage à la tour de Babel qu’au jardin d’Éden. Il s’agit encore d’une hérésie, qui est cette fois trop large. En effet, la société parfaite concerne les chrétiens. La mission constante de l’Église au cours des siècles a été de convertir les païens et non de se dissoudre dans une bouillie syncrétique. Si cette évidence n’est pas admise, alors les croisades et l’inquisition n’ont aucun sens. C’est d’ailleurs pourquoi les idéalistes d’aujourd’hui condamnent ces faits historiques comme ils condamnent ceux qui n’adhèrent pas à leur hérésie décadente.
En face, l’islam est une religion belliqueuse et conquérante. Dès l’origine, l’islam s’est propagé à coups de cimeterres. Le terme « musulman » signifie soumis à Dieu. La loi coranique est la vérité suprême. Aujourd’hui, avec le printemps arabe, les idéalistes sont aux anges. Ils affirment que les musulmans se convertissent aux principes démocratiques occidentaux. Mais ils ne prévoient pas que les Arabes vont voter pour des partis islamistes. Ceux-ci n’ont pas l’intention d’instaurer des démocraties. Ils veulent des théocraties. La démocratie sera confisquée ; comme en Iran où il faut l’aval d’un comité religieux pour se présenter à une élection. Les idéalistes vivent la même illusion que les pacifistes au lendemain de la signature des accords de Munich. Ceux-ci semblaient être la promesse d’une paix durable en Europe. Des auteurs comme Laurent Artur du Plessis (Islam-Occident : la guerre totale) ou Enyo (Anatomie d’un désastre : l’Occident, l’islam et la guerre au XXIe siècle) ont développé les raisons historiques, démographiques, politiques, culturelles, religieuses ou économiques qui concourent à l’affrontement des deux civilisations. Ces analyses sont intéressantes et pertinentes. Néanmoins, dans mon livre (La richesse de l’Occident), j’avance une idée simple : il ne peut pas y avoir indéfiniment cohabitation entre des systèmes contradictoires. L’Occident promeut la démocratie et l’islam la théocratie. Cette contradiction ne peut que s’aggraver avec l’intensification des échanges. Les pays musulmans ont des touristes et des hommes d’affaires chez eux tandis qu’une immigration de peuplement arrive dans les pays occidentaux. Les frictions et les heurts ne peuvent que croître. La lutte finale promise entre communisme et capitalisme se jouera entre l’Occident et l’islam. Toutefois, cet affrontement n’est pas imminent. Il faut d’abord que des républiques islamiques s’installent au sud de la Méditerranée. Quand les acteurs seront sur scène alors la représentation pourra commencer !  MADRID - Six pays musulmans financent des communautés islamiques en Espagne, parfois dans le but de les contrôler et presque sans discernement. Les fonds qu’ils envoient tombent souvent dans les mains d'organisations radicales ou d’individus sans scrupules.
Un rapport secret adressé le 16 mai par le directeur du Centre national du renseignement (CNI), le général Felix Sanz Roldan, aux ministres des Affaires étrangères et de la défense analyse avec alarme le financement et les aides fournis par l'Arabie saoudite, Koweït, Qatar, Émirats Arabes Unis (EAU), la Libye et, surtout, le Maroc, aux musulmans en Espagne dont le nombre dépasse 1,2 million.
«Les conséquences du financement dérivent dans des attitudes négatives pour la connivence telles que l'émergence de ghettos et de sociétés parallèles, des tribunaux et des polices islamiques en marge de la législation en vigueur, le manque de scolarisation des filles, les mariages forcés, etc,» signale le rapport du CNI publié hier par le journal espagnol El Pais.
«Il y a un contrôle insuffisant des flux financiers qui sont les donations et aides fournies par d’autres pays à la communauté islamique en Espagne (...)", avertit le chef des services secrets espagnols. «Il est nécessaire que les pays donateurs soient pleinement conscients des risques du financement des demandes individuelles."
Pour essayer de sensibiliser les deux hauts fonctionnaires des affaires étrangères et de la Justice –l’ambassadeur spécial Damaso de Lario et le directeur de la Fondation pour le pluralisme et la Connivence, José Manuel López Rodrigo-ont effectué au début de Juin une tournée dans trois pays du Golfe (Koweït, Émirats arabes unis et Oman), et après le Ramadan, ils avaient prévu de se rendre en Arabie Saoudite et au Qatar.

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