• sommes nous en 1788 ?

    Si, comme il l’affirme, nous sommes en 1788, JLM ferait bien de réserver un avion pour

    l’Angleterre. En classe affaires comme d’habitude.

    On vient de l’apprendre, Jean-Luc Mélenchon, a souhaité répondre au questionnaire lancé par Boulevard Voltaire. Même s’il a donné, lui, sa réponse auParisien : selon ses mots, « Nous sommes en 1788… »

    Pourquoi Mélenchon aurait-il toujours tort ? Le sondage IFOP paru dans Dimanche Ouest-France vient apporter sans conteste de l’eau à son moulin : Les Français sont 76% à juger « certaine » ou « probable » une explosion sociale dans les prochains mois.

    Toutes les conditions, il est vrai, semblent réunies : une France qui a faim, écrasée par les impôts, une caste d’insouciants privilégiés refusant de céder, comme Philippe Varin, un pouce de leurs acquis, un pouvoir faible et velléitaire, jouant entre soi avec l’antiracisme comme d’autre jouaient au trictrac, indifférent au grondement sous ses fenêtres. Et les médias qui sont là, comme des villages Potemkine, pour masquer la misère, réservant gros plans et micros sur tel Thibaut Poirot, militant du PS, et coupant au montage ceux que les forces de l’ordre embarquent sans ménagement en les traînant par les pieds.

    Alors oui, peut-être Mélenchon a-t-il raison, nous sommes en 1788. Mais qui sera-t-il donc, lui ? Danton ou Robespierre ? Sans doute en-a-t-il le verbe, la hargne et l’implacabilité. Et comme une starlette à Hollywood, il court visiblement derrière le rôle : ce dimanche il appelait ses troupes à une marche pour « une révolution fiscale », contre la future augmentation de la TVA qu’il rebaptise « fisc fucking ». Mais jurer comme le savetier Simon ne suffit pas à faire de vous un sans-culotte.


    Car le jeu a été rebattu. Et comme un vieux marquis atrabilaire éructant sous sa perruque poudrée, Mélenchon refuse d’admettre que son monde est révolu. Les bonnets rouges, par leur nature « interclassiste » pour reprendre son mot, lui flanquent la trouille et l’insupportent. Il l’a écrit, ce ne sont que des « nigauds ». Que crèvent les petites gens qui ne s’exécutent pas docilement, les manants qui s’entêtent à refuser de se plier pour rentrer dans les petites cases que la gauche leur a préparées. Comme les douairières patronnesses de Zola, Mélenchon ne veut bien faire l’aumône qu’à ceux qui récitent par cœur son petit catéchisme. Et ces gueux-là qui sont bouchés ! Qui vont s’acoquiner avec les « cléricaux et le patronat » ! Et ne rentrent même pas à la niche au coup de sifflet.

    Oui, le jeu a été rebattu. Comme la noblesse de 1788, les syndicats se sont coupés de la France profonde pour faire la cour au pouvoir. Ils se pressaient, ils voulaient être vus, samedi, à la Marche contre le racisme… Dont se cognent les français dans la mouise comme d’un bal masqué à Versailles. Et Mélenchon lui-aussi est venu danser le menuet. Si donc, comme il l’affirme, nous sommes en 1788, Mélenchon ferait bien de réserver le premier avion pour l’Angleterre. En classe affaires comme d’habitude.


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