• peut être un soutient de taille


    Nolwenn Leroy - Juste Pour Me Souvenir par marcrebeccasolene

    http://www.dailymotion.com/video/xz32vm_nolwenn-leroy-juste-pour-me-souvenir_music

    Qui a dit que le multiculturalisme était un échec en France? Voyez comme il fait la roue au Top 50. «Bretonne», le disque de Nolwenn Leroy, est numéro un des ventes avec 500 000 exemplaires vendus. La pochette montre la chanteuse à 5 ans, en Bigouden, comme une preuve génétique de sa bretonnante traçabilité. Garantie née coiffée. Après le bébé-éprouvette, le bébé-cornette. De toute évidence, le fichu de Nolwenn se porte mieux dans l'opinion que celui de Diam's. L'ancienne gagnante de «la Star Ac» reprend des airs traditionnels, en breton ou en français: «Tri Martolod» et «la Jument de Michao», popularisés dans les années 1970 par Alan Stivell et Tri Yann, «Brest» de Miossec ou «le Bagad de Lann Bihoué» de Souchon. Loin des évanescentes «Frontières» de l'universaliste Yannick Noah, cet Arthus-Bertrand aux pieds nus («Il n'y a, vu du ciel, aucune ligne sur la terre»), Nolwenn Leroy, droite dans ses sabots, s'enivre de cadastre, d'ancrage et de toponymie: «Qui voit Ouessant voit son sang.» Gâtisme hors sol contre saga britannica. Quand elle n'inhale pas avec extase «l'odeur de la bouse mouillée», cette Finistérienne au nom si peu républicain oppose une fin de non-recevoir à l'expérience jacobine: «Je ne serai jamais ta Parisienne», chante Leroy sur des paroles de Miossec. Paradoxalement, à la radio, quand elle chante «Ur plac'h yaouank am eus kavet...» avec son accent breton digne de Shakira («Suite sudarmoricaine»), elle s'inscrit dans le quota de chansons d'expression française. "Bretonne", vendu à 500.000 exemplaires, est une manière de compilation, où Nolwenn Leroy se borne à faire des tubes avec des tubes. Son disque subjugue. N'est-il pas très comme il faut et propre à incarner «l'image de la France rurale, l'image de la France des terroirs et des territoires», comme dirait dans son style maurrassien le député UMP Christian Jacob? Olivier Nusse, directeur général de Mercury, compare avantageusement le succès de «Bretonne» à celui des «Ch'tis». Avec son prénom de sainte décapitée, Nolwenn affiche un pedigree de la vieille roche. Née à Saint-Renan, son père, Jean-Luc Le Magueresse, est un ancien footballeur professionnel de Brest et de Guingamp. D'aucuns blâmeront son adolescence auvergnate, mais personne n'est parfait. Dans le livret intérieur du CD, nul portrait de Mlle Leroy, mais des photomatons âprement minéraux de la Bretagne éternelle. «Bre-tonne... Finistérienne... je me vois comme un minuscule fragment de roche », lit-on sous la plume panthéiste de la chanteuse. «Je suis le bitume avec une plume», rappe Booba des Hauts-de-Seine, alias «le duc de Boulogne». Je suis le granit qui fait un hit, semble lui répondre, en région, la nouvelle duchesse de Bretagne. Cette géologie charnelle paraît vouloir cristalliser ce que son compatriote des Côtes-d'Armor, Ernest Renan, appelait «la poésie des races celtiques»: «Race timide, réservée, vivant toute au dedans, pesante en apparence, mais sentant profondément et portant dans ses instincts religieux une adorable délicatesse.» Race idéaliste à laquelle Renan oppose «la vulgarité normande, cette population grasse et plantureuse, contente de vivre, pleine de ses intérêts, égoïste comme tous ceux dont l'habitude est de jouir.»


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