• on l'avait oubliée, celle là !

    Après les sommations,  le chantage

    Leonarda redécouvre la dure réalité de la vie au Kosovo et s'atriste du silence médiatique qui s'installe autour de son histoire.

    Leonarda broie du noir. «Depuis que les journalistes sont partis, plus personne ne s'occupe de nous!, se désole-t-elle. Personne de France ne nous a appelés ; on dirait qu'on est comme des animaux dont tout le monde se fout.» Il y a trois semaines, la famille Dibrani a déménagé au centre de Mitrovica (Kosovo), dans une maison plus spacieuse, mais moins bien chauffée. Les provisions offertes à leur arrivée par les autorités kosovares sont épuisées: la famille assure ne pas avoir mangé depuis trois jours, «sauf le bébé qui a du lait de sa mère».

    Le prochain ravitaillement, dit Leonarda, n'est prévu «que dans deux mois». Les enfants n'ayant «pas envie» d'aller à l'école, les journées s'écoulent doucement, «à dormir et à regarder la télé française». «Ici, c'est pas la vie en rose comme en France!, s'exclame l'adolescente. Si vous n'avez pas d'argent, il n y a pas de Restos du cœur, pas de Sécu pour vous soigner »

    De France, la famille Dibrani n'a de contact, par courriels, qu'avec son avocate. «Bien sûr, nous suivrons les résultats du recours, affirme la jeune fille. Mais mon père, écœuré par tous les mensonges qu'on a dit sur lui, a perdu espoir. Notre avocate nous dit qu'on peut gagner, mais que si on ne gagne pas, on peut plus rien faire » Alors, si le recours échouait, Leonarda «veut dire solennellement à la France qu'elle n'aura plus qu'à envoyer des fleurs au Kosovo». «C'est simple, conclut-elle. On va tous se tuer.»

    et c'est qui, qui fera la quête pour payer les couronnes ?

    Léonarda suite :

    Le rapporteur public du tribunal administratif de Besançon a prôné le rejet des requêtes déposées par la famille de la jeune Kosovare Leonarda Dibrani pour obtenir un titre de séjour en France, dans ses conclusions écrites. Décision attendue dans deux ou trois semaines. 

    L'audience s'est ouverte ce mardi matin à 9 h, en présence des avocats des parties, mais sans la famille Dibrani, au Kosovo depuis son expulsion en octobre. Quelques militants du Réseau éducation sans frontières (RESF) ont également pris place dans l'assistance. La décision du tribunal devrait être rendue dans deux ou trois semaines. Elle sera encore susceptible d'appel. "Nous espérons obtenir de bonnes nouvelles", a déclaré Gemilja Dibrani, mère de Leonarda, lundi par téléphone depuis Kosovska Mitrovica, ville où la famille a été logée depuis son arrivée au Kosovo.

    Demandes rejetées à plusieurs reprises

    Les parents Dibrani sollicitaient l'obtention d'un titre de séjour "vie privée et familiale". Ils demandaient l'annulation du refus de titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français (OQTF) et fixant le Kosovo comme pays de retour, prononcé à leur encontre par le préfet du Doubs le 19 juin dernier. Jusqu'à présent, l'ensemble des demandes judiciaires ou administratives du couple pour obtenir le droit d'asile ou un titre de séjour a été rejeté. Le tribunal administratif de Besançon a déjà refusé à deux reprises les requêtes de Resat et Gemilja Dibrani demandant l'annulation des refus de titre de séjour prononcés par le préfet du Doubs.

    Les six enfants nés en France et un en Italie

    Lors de cette nouvelle audience, leur avocate, Me Brigitte Bertin a fait valoir que six enfants du couple sont nés en Italie et un en France, et non pas au Kosovo où ils ont été renvoyés. De retour dans ce pays, Resat Dibrani avait déclaré avoir menti sur l'origine de sa famille afin d'être accueilli en France. Me Bertin mettra aussi en avant le "droit essentiel" de scolarisation des enfants. "Sur le territoire français, sur le plan de leur scolarisation, ils avaient acquis une stabilité conforme à leur intérêt et qu'ils ne retrouveront pas au Kosovo", souligne-t-elle. Mais pour Me Yves Claisse, avocat du préfet du Doubs, "il n'y a pas eu de réelle scolarisation des enfants. Entre la rentrée du 3 septembre et l'expulsion du 9 octobre 2013, Leonarda a manqué 21 demi-journées de cours".

    Le préfet argue de la faiblesse de l'insertion pour justifier son refus

    "C'est une succession d'éléments concernant la faiblesse de l'insertion sociale, familiale, professionnel et linguistique de la famille qui ont conduit au refus par le préfet de la délivrance d'un titre de séjour sur le territoire national", rappelle l'avocat, pour qui cette famille n'a pas démontré "une réelle volonté de s'intégrer". Réseau éducation sans frontière (Resf) a appelé à assister à l'audience par "soutien" à la famille. Le 9 octobre dernier à Pontarlier (Doubs), la police avait pris en charge 

    Leonarda Dibrani, 15 ans, à la descente d'un bus scolaire alors qu'elle participait à une sortie pédagogique, pour l'expulser avec sa famille arrivée irrégulièrement en France en janvier 2009, après avoir vécu plusieurs années en Italie.


     


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