• ne fréquenter pas n'importe qui !

    Une confession s’impose : il m’arrive de fréquenter des gens de tous bords politiques.

    Une confession s’impose : il m’arrive de fréquenter des gens de tous bords politiques, j’ai déjà dîné avec des membres de ma famille militants socialistes, et il m’arrive de parler à mon boucher ; le pauvre homme vote MoDem, mais nous arrivons à converser. Régulièrement, les « digues sautent », et ma simple présence met peut-être les « valeurs républicaines » en danger. Alors, pour rencontrer certains vieux amis, je leur donne rendez-vous dans les catacombes, téléphones portables éteints et appareils photo proscrits. Il ne faudrait pas qu’on les voie avec un militant patriote, cette maladie honteuse.

    En revanche, je n’étais pas présent au « réveillon de la honte », dont tous les médias se font, ces derniers jours, l’écho. Oui, vous ne rêvez pas : de jeunes militants UMP et FN ont passé la soirée du Nouvel An ensemble. Horreur, malheur, effroi, il n’en fallait pas plus pour que la presse s’indigne de cette alliance festive, forcément réactionnaire. L’épine dorsale de l’analyste politique moyen fut saisie de frissons, l’excitation mêlée de crainte était à son comble dans les salles de rédaction, ils avaient enfin mis la main sur un scoop à la hauteur des enjeux français contemporains : des jeunes ont bu et dansé le soir du 31 décembre. Pire : Florian Philippot est passé dire bonsoir. L’explosion du chômage, la hausse des actes criminels violents ou la déferlante migratoire sont des sujets mineurs, comparativement à cette sombre réunion criminelle.

    Car, oui, le patriotisme est désormais un crime de lèse-mondialisme, presque une maladie psychiatrique, une tare aux yeux de l’empire du bien. Si un militant UMP a le malheur de fréquenter, amicalement et sans arrière-pensées politiques, des jeunes du Front national, il a immédiatement basculé du côté obscur de la force (ou plutôt de la farce) médiatique, et fera les gros titres d’une presse indignée et moraliste durant plusieurs jours.

    Un conseil : vérifiez bien avec qui vous vous apprêtez à dîner, filtrez vos convives selon leurs opinions et ne vous faites pas piquer en train de rire avec un affreux patriote, la presse pourrait s’en emparer ! Alors que la France subit la plus grave crise économique de son histoire, et une terrible crise morale et d’identité allant de pair, le sujet majeur est un réveillon privé dont les photos ont été diffusées sur un compte Facebook appartenant à un particulier. Mais où va-t-on ? N’y a-t-il pas plus important à commenter que ça ?

    Le motif de réjouissance, dans cette affaire qui n’en est pas une, est que les Français sont bien au-dessus de ces considérations partisanes, beaucoup plus intelligents que ce qu’en pensent les zélotes chiens de garde de la bien-pensance, ils se regroupent par affinités amicales et entendent continuer. Non, fréquenter ou nouer une amitié, voire plus, avec un militant Front national n’est pas honteux, pas plus, et pas moins, que les autres Français.


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