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    Pourquoi le contrôle de la monnaie est- il vital pour notre pays?

    Pourquoi le contrôle de la monnaie est- il vital pour notre pays?

    Les peuples ont toujours aspiré à la souveraineté, c’est-à-dire qu’ils entendent rester maître de leur destinée. De Gaulle évoquait « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » 
    Cette souveraineté ne peut se concevoir qu’en possédant une indépendance financière au travers de laquelle le fonctionnement de l’Etat et de ses institutions est possible sans se soumettre préalablement à une quelconque autorisation venant de l’étranger.
    Contrôler sa propre monnaie est donc une impérieuse nécessité.

    Qu’entend-t-on par le contrôle de la monnaie ? Essentiellement deux choses :

    1) Avoir le pouvoir de fixer la valeur de cette monnaie par rapport à une référence, qui peut être une autre monnaie, une certaine quantité d’un métal précieux ou tout autre objet.

    La monnaie anglaise du moyen-âge était constituée de petites branches d’arbres fendues dans le sens de la longueur, dont une partie circulait et l’autre était stockée dans les caves du royaume. Sa valeur s’établissait en fonction du nombre d’entailles faites sur les deux côtés du bâton. Représentant au début une preuve du paiement de l’impôt qui s’effectuait en donnant des denrées ou des produits, ces bâtons devinrent assez rapidement un moyen pour payer directement biens et services. Le roi lui-même utilisa cette monnaie auprès des orfèvres, en garantissant ses emprunts en or par ces bâtons, sorte d’à-valoir sur les impôts futurs. On voit que la monnaie peut être représentée par une foule de choses différentes, l’essentiel étant que sa valeur soit garantie par quelque chose.

    Depuis plusieurs siècles, l’or et l’argent étaient les métaux utilisés pour fabriquer les pièces de monnaie et leur valeur intrinsèque dépendait directement de la quantité de métal précieux qu’elles contenaient. Leur cours ne variait qu’en fonction des quantités de métaux disponibles dans les Etats qui les frappaient. Le contrôle de cette monnaie se faisait donc essentiellement au niveau des richesses que possédait l’Etat. Si la quantité d’or dans ses caisses augmentait, on pouvait mettre en circulation plus de pièces, chacune conservant la même valeur « faciale ». Ensuite est venue la monnaie « papier ». Le principe était simple, on entreposait, pour des raisons de sécurité, les pièces d’or chez les orfèvres, afin de le protéger des voleurs et on allait chercher seulement la quantité nécessaire pour faire les achats projetés.

    Au fil du temps, les orfèvres ont proposés à leurs clients des certificats attestant qu’ils possédaient bien en stock la quantité d’or ou d’argent nécessaire à leur achat.
    Ainsi naquit le « billet à ordre », qui devint le « billet de banque » lorsque les orfèvres se transformèrent en banquiers. Nous n’allons pas refaire l’histoire de la Banque et du système dit « des réserves fractionnaires ».

    Rendons-nous directement dans l’actualité afin de faire le constat suivant : deux types de monnaie existent, la première sous forme de billets imprimés par une banque dite « centrale » qui détient le privilège d’émission ; Cette monnaie est dite « fiduciaire ». La seconde est créée par une simple ligne d’écriture par les banques commerciales, d’où son nom de monnaie « scripturale ». Les deux ont la même valeur, ce qui signifie que vous pouvez payer en espèces (fiduciaire) ou en chèque (scriptural) pour le même montant. (Remarquons que le paiement par carte de crédit est scriptural.) La masse monétaire en circulation dans le pays est donc la somme des deux monnaies. Exercer le contrôle de la monnaie d’un pays consiste donc à contrôler la masse monétaire en circulation et en fixer par conséquent la valeur. Ceci est fondamental car la quantité de monnaie en circulation doit correspondre aux besoins de l’économie. Un pays qui exporte plus qu’il n’importe voit sa richesse augmenter par la balance positive de ce commerce. Il a donc le choix entre créer davantage de monnaie ou laisser la valeur de sa monnaie augmenter. La seconde solution est rarement adoptée car elle renchérit les produits exportés. A contrario, un pays dont les échanges sont déficitaires s’appauvrit en monnaie et doit donc soit réimprimer des billets, soit réemprunter des sommes d’argent correspondantes pour payer ses engagements.

    2) Il y a également un autre outil de contrôle de la monnaie indissociable du précédent et qui est la fixation du taux du crédit. La masse monétaire totale en circulation se répartissant très inégalement entre les deux types de monnaie (environ 5% pour le fiduciaire et 95% pour le scriptural), on comprend que l’argent créé par les banques, même s’il est détruit à la fin de l’emprunt, représente la quasi-totalité de cette circulation. Les banquiers n’étant pas particulièrement des philanthropes, ils ne prêtent que contre un intérêt, quand bien même l’argent prêté est pour l’essentiel créé par eux au moment du prêt. Ces intérêts, eux, sont bien réels et restent dans les caisses de la banque.

    Comment est fixé le taux du crédit pratiqué par les banques commerciales ?
    Toutes les banques commerciales ont la faculté d’emprunter de l’argent à la banque centrale de leur pays ou de leur zone monétaire. Cet organisme fixe le taux d’intérêt de ces emprunts, qu’on appelle « taux directeur ». Naturellement, plus ce taux est élevé et plus les intérêts demandés par la banque commerciale à ses clients seront importants. A contrario, plus le taux directeur sera faible (il peut devenir nul) et plus faibles seront les taux pratiqués par les banques. On voit tout de suite l’énorme importance sur l’économie.

    De plus, en période économiquement trouble, telle que celle que nous traversons, les banques commerciales trouvent plus « sécurisant » de faire du courtage de titres plutôt que de prendre le risque de prêter aux entreprises qui ne peuvent se financer sur les marchés boursiers. Les faibles intérêts versés par les « emprunts obligataires » et la fiscalité sur l’immobilier dirigent plutôt les épargnants vers les marchés d’actions, qui montent naturellement en gonflant une bulle qui éclatera lorsque la raréfaction de l’argent et l’augmentation des taux se produiront.
    Les banques « tondront alors les moutons » (selon leur propre expression) et un nouveau cycle redémarrera.

    Lorsqu’une banque centrale devient « indépendante », cela signifie qu’elle n’obéit plus aux ordres que le gouvernement pourrait lui donner. Alors, nous direz-vous, qui la dirige ?
    On peut nous répondre : son gouverneur. C’est un peu court comme réponse. La réalité est singulièrement différente. Une grande partie des banques centrales occidentales sont détenues par des banques privées. Ceci est volontairement maintenu dans une certaine opacité mais, grâce à un nombre important d’ouvrages publiés ces dernières années, cela se sait de plus en plus.
    Lorsqu’une banque centrale émet de l’argent fiduciaire, ces billets représentent une dette. Cette dette est absolument indispensable pour garantir cette émission de monnaie et figure donc dans le bilan de la banque centrale. Il faut donc que quelqu’un en dernier ressort, accepte de « couvrir » cette dette. Vous voyez tout de suite qui est ce « quelqu’un »…

    Ainsi, chaque fois qu’un billet vous passe par les mains, il représente une partie de la dette de l’Etat. Si une banque centrale est dirigée directement par le gouvernement, celle-ci émet de la monnaie en quantité fixée et prête à un taux fixé par ledit gouvernement. On peut considérer que la souveraineté populaire exerce donc le contrôle de la monnaie, ce qui est conforme à l’esprit de la constitution. Une banque centrale « indépendante » prive donc le peuple de ce pouvoir de contrôle. Si en plus la banque centrale est liée à d’autres banques, ce sont ces dernières qui régissent « in fine » son action. Les objectifs de celle-ci ne correspondent plus aux aspirations des gens, qui n’ont plus aucun moyen de s’y opposer.

    Les contribuables restant toujours « payeurs en dernier ressort », la dette « publique » des pays ou des zones ainsi dotés d’une telle banque centrale ne peut que croître d’une façon exponentielle. On comprend alors beaucoup mieux la portée du concept du « too big to fail »
    appliqué aux banques dites « systémiques » (en gros, celles dont la faillite peut détruire tout le système financier international, dont la valeur de la monnaie ne repose que sur la confiance que les gens ont en elles et cela depuis 1971), qui oblige les pouvoirs publics à augmenter vertigineusement leurs dettes pour les renflouer. Un tel système ne peut tenir indéfiniment et va mal finir, le tout étant de savoir quand cela va arriver.

    Sortir de ce « train de la mort » est donc vital pour notre pays, car toutes les tentatives effectuées pour réguler le système bancaires ont échouées. L’autorégulation des marchés financiers telle que la concevait Adam Smith avec sa « main invisible » est un leurre.
    L’objectif unique et fondamental est de retrouver le contrôle de notre monnaie, mais ceci ne peut se faire qu’en nous affranchissant de l’emprise de la Banque Centrale Européenne.
    Si nous ne le faisons pas, nous nous retrouverons dans le même piège que nombre d’Etats qui, ne pouvant plus honorer leurs engagements vis-à-vis des marchés financiers, sont alors obligés de solliciter l’aide du Fond Monétaire International, qui , tel le « Shylock » de Shakespeare, réclame en guise de « livre de chair » le transfert de propriété de la quasi-totalité des équipements publics, privant encore davantage l’Etat de ses ressources pourtant indispensables.

    Jean Goychman


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