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    Au cours d’un débat sur LCP le 4 décembre dernier avec Florian Philippot et la socialiste Elsa Di Méo, le député du Vaucluse Julien Aubert, dans un raccourci fulgurant, a finalement réduit les fondateurs du Front national à un groupuscule d’anciens collaborateurs en rappelant au vice-président de ce parti qu’il occupait le siège d’un ancien milicien. Effectivement, François Brigneau (1909-2012), l’un des premiers vice-présidents du FN, fut milicien en 1944 ; jugé, il fut du reste acquitté en 1945. Certes, le Front national n’a jamais été un parti gaulliste mais il a compté dans ses rangs et parmi ses premiers sympathisants d’authentiques résistants et Français Libres. L’objectivité commande de le rappeler en nommant au passage quelques figures illustres.

    Michel de Camaret (1915-1987), résistant de la première heure, rejoint en 1942 les FAFL. Il est parachuté dans la nuit du 7 au 8 juin 1944 sur la Bretagne pour rejoindre le maquis de Saint-Marcel. En 1945, le général de Gaulle le fait Compagnon de la Libération. Après la guerre, il entre dans la carrière diplomatique qu’il termine au rang de ministre plénipotentiaire. Il fut député européen FN en 1984.

    Le comte Horace Savelli (1906-1998) rallie les FFL à Londres dès octobre 1940 et sert durant toute la guerre dans les troupes de Leclerc. En 1944, le général de Gaulle le fait Compagnon de la Libération. Il sera membre du FN jusqu’à son décès.

    Rolande Birgy (1913-2002), membre de la JOC avant-guerre, cache des enfants israélites durant la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui vaut en 1984 d’être distinguée du titre de « Juste parmi les nations ». Elle fut militante du FN.

    Mais revenons au débat. Il est heureux que la socialiste, au reste tout à fait insignifiante, n’ait pas apporté sa contribution sur ces aspects historiques. Si sa culture est du niveau de celle de Mme Hidalgo qui affirma en 2012 que le FN (fondé en 1972…) était un parti qui avait soutenu pendant la guerre (1939-1945, pour ceux qui l’ignoreraient !) la collaboration avec les nazis, il y avait à craindre le pire, la chronologie ne semblant pas être le fort des socialistes ! J’imagine d’ailleurs que la pauvrette doit ignorer que près de 150 parlementaires SFIO (l’ancêtre direct du PS) et radicaux (ancêtres tout aussi directs du PRG) votèrent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940…

    Cela dit, l’UMP est bien l’héritière du RPR, lui-même héritier de l’UDR, formation gaulliste dans les années 70 qui comptait à l’époque, parmi ses membres, un personnage condamné par la suite pour complicité de crime contre l’humanité : je veux parler de Maurice Papon, ministre sous Valéry Giscard d’Estaing.

    Avec des raccourcis fulgurants et des acrobaties chronologiques, on peut ainsi faire dire n’importe quoi à l’histoire, ce à quoi on doit se refuser. Mais au fond, la question qui intéresse aujourd’hui les Français n’est pas de savoir que François Brigneau ait été un membre fondateur du FN ou Maurice Papon un membre éminent de l’UDR (il en fut le trésorier). La question qui intéresse aujourd’hui les Français, et je cite M. Aubert durant ce même débat, c’est de bâtir un projet national.


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