• les zadistes

    On a les martyrs qu’on peut.

    On a les martyrs qu’on peut. Il y en a qui décèdent dans des ventes privées pour fringues de friqués – Fred Perry, en l’occurrence –, tel Clément Méric, tout de même un comble pour un militant anticapitaliste ; un peu comme si un révisionniste rendait le dernier souffle en pétant dans une chambre à gaz. Et d’autres qui meurent bêtement pour une simple histoire de barrage, juste histoire de faire barrage (justement) à un fascisme imaginaire. Pas de chance : une enquête interne de la gendarmerie tendrait à innocenter les gendarmes en question…

    Après, on dira évidemment que tout cela ne vaut pas la mort d’un adolescent. Certes. Mais quand l’adolescent en question se frotte aux forces de l’ordre, il est licite que puissent survenir boulettes et dégâts collatéraux. Bref, la loi du métier. Autrement, on vend des origamis sur Internet et on s’abstient de tenter une carrière de révolutionnaire en peau de lapin.

    Le jeune Rémi Fraisse est donc mort. C’est triste, mais c’est ainsi. On a les Guernica qu’on peut. En revanche, question autrement plus intéressante : qui sont ces « zadistes » ? Militants d’extrême gauche ? Pour la plupart, assurément. Auxquels viennent se greffer d’autres militants d’extrême droite ? C’est un fait, minoritaire mais avéré.

    L’un des premiers exploits des Black Blocs fut de déposer une bombe au Choc du mois, journal dont je fus l’un des fondateurs, à la fin des années quatre-vingt du siècle dernier, attentat qui manqua de peu d’arracher l’un de mes plus proches amis à ma légendaire affection. Le pire est que je ne leur en veux même pas. Nous comprenions leur colère, mais estimions qu’ils se trompaient tout simplement de cible. Entre militants radicaux, il n’est jamais interdit de s’entendre ou, à défaut, d’éventuellement se comprendre…

    Ainsi, quand à Davos ces mêmes activistes d’un genre étrange vont foutre le bouzin dans le G20, l’homme de bien ne peut qu’applaudir, sachant que les voyous qu’on croit ne se nichent pas forcément là où ils sont. On peut aussi railler leur mode de vie façon punks à chien et pouilleux capables de tout pour éviter une simple douche hebdomadaire. Il n’empêche que ces gamins en veulent et qu’entre eux et un… Jean Sarkozy, le choix pourrait être vite fait.

    Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur la psychologie des gugusses en question, prière de se reporter au remarquable reportage de Pierre-Alexandre Bouclay (https://www.youtube.com/watch?v=RZ8-xb6IsjE), diffusé sur la chaîne TVLibertés.com, sur laquelle l’auteur de ces lignes a le privilège de régulièrement intervenir. Il vous dira qui sont ces gens. Leur total engagement, mais aussi leurs faiblesses intrinsèques, leurs grandes contradictions et leurs petites grandeurs.

    Belle leçon de journalisme que celle-là, consistant à chercher à comprendre sans jamais juger, alors que tant de ses confrères persistent à juger sans jamais chercher à comprendre…


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