• Le ridicule ne tues plus ?

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    ci-dessus mini quenelle(pour l'apéro )

    De Léonarda à la Quenelle

    Octobre 2013. Requis par le préfet du Doubs, les services de police départementaux procèdent à l’interpellation d’une famille d’origine kosovare. Les Dibrani, installés depuis plusieurs années en France où ils vivent d’assistance, de mendicité et de petits larcins, n’ont jamais fait le moindre effort pour s’intégrer — le travail nuit gravement à leur santé —, mais ils se plaisent bien chez nous, ils font tout pour s’y incruster et multiplient les recours. Le jugement du tribunal administratif qui leur fait obligation de quitter le territoire français n’est jamais que le seizième d’une longue série de décisions de justice qui allaient toutes dans le même sens. Le père, la mère et leurs six enfants, dont l’une était inscrite dans un lycée dont elle séchait très régulièrement les cours, sont donc dirigés sur Roissy, mis dans un avion et réexpédiés au Kosovo qui, soit dit en passant, nous remercie d’autant moins du cadeau qu’il est impossible de démêler l’écheveau de mensonges ourdi par le sieur Dibrani et d’attribuer à ses enfants une nationalité certaine. Quoi qu’il en soit, affaire réglée.

    Affaire réglée ? Au prétexte que la jeune Leonarda a été arrêtée au cours d’une sortie de son établissement, le Réseau éducation sans frontières crie au scandale. Les organisations et associations spécialisées dans l’humanitaire se mobilisent, les grandes consciences s’émeuvent, des parlementaires dénoncent le retour des « rafles », quelques milliers de lycéens descendent dans la rue en solidarité avec leur camarade, les médias en font des tonnes, le gouvernement tremble sur ses bases, le ministre de l’Intérieur menace de démissionner s’il est désavoué. Le président de la République, enfin, juge indispensable de s’en mêler et, entamant en direct des négociations avec Leonarda, propose à celle-ci un compromis que par bonheur la péronnelle grisée par sa soudaine notoriété lui refuse avec insolence. On en reste donc là, et le grotesque épisode tombe insensiblement dans un oubli miséricordieux.

    Janvier 2014. La République est de nouveau en danger. L’ordre public est troublé, paraît-il, par une ex-vedette du show-biz, interdite de séjour depuis des années dans la presse écrite, à la radio et à la télévision. Entrepreneur du spectacle dont il est aussi l’animateur et le héros, les gestes obscènes et les vannes iconoclastes dont Dieudonné s’est fait une spécialité lui valent une immense popularité dans la « racaille » des cités, sur les réseaux sociaux et dans un milieu politique bien particulier. Et cette popularité fait manifestement peur à certains.

    L’inventeur et propagateur de la fameuse « quenelle » (à laquelle l’imbécillité ambiante, et notamment celle du gouvernement, a fait une publicité dont il n’aurait osé rêver et qui, pour l’instant, ne lui coûte pas un centime) n’en est pas moins vulnérable sous deux aspects. Les propos qu’il a tenus à maintes reprises et qui tombent sous le coup de la loi lui ont déjà valu de multiples condamnations. Autant de fois il s’obstinera à les répéter, autant de fois il s’expose à la sanction des tribunaux. D’autre part, la prétendue insolvabilité qu’il a organisée en partie pour se dérober aux amendes prononcées contre lui, en partie par intérêt personnel, fait de lui un fraudeur du fisc. Notre justice et notre administration, pour le meilleur et pour le pire, disposent d’armes largement suffisantes pour ramener à la raison ce redoutable délinquant.

    Mais, sous la pression de lobbies qui mesurent mal leur discrédit et les conséquences contre-productives de leur action, une nervosité qui n’a pas tardé à tourner à la panique et à l’hystérie s’est emparée de la classe politique et de la caste médiatique encore dominantes. Passe qu’un député irresponsable des Français de l’étranger – qui semble surtout étranger aux Français – ait pondu une proposition de loi ad hoc contre l’énergumène du Théâtre de la Main d’Or. Mais que dire lorsque des maires de grandes villes prononcent dans la hâte des arrêtés d’interdiction qui, suivant les règles de notre droit, devraient être annulés comme le furent les précédents ? Que dire lorsque le ministre de l’Intérieur, empiétant sur les prérogatives du pouvoir judiciaire, prétend rétablir la pratique de la censure préalable abolie dans notre République depuis le début du siècle dernier, nous faire revenir aux mœurs du Second Empire, voire de Charles X, et se fait en définitive l’organisateur et le gardien du désordre public ? Que dire enfin lorsque le président de la République – encore lui –, intervenant pour la deuxième fois en quelques mois à un niveau qui n’est pas le sien, croit devoir encourager la lutte contre le racisme, la haine et la discrimination, quels qu’en soient les moyens, et se mêle de la police des spectacles, des opinions, des photos, des vidéos et de l’Internet ?


    ci-dessus maxi quenelle ( dit l'Africaine )

    Un vieil adage du droit romain dit « De minimis non curat praetor  » (il n’est pas digne d’un haut magistrat de s’occuper des points de détail). Chacun sait que le marteau-pilon n’a jamais été l’instrument le plus efficace de la lutte contre les mouches. L’opération Serval et l’opération Sangaris, quels que soient leurs défauts et leurs limites, sont à la hauteur de la France et de son président. L’opération Leonarda et l’opération Dieudonné révèlent l’impuissance et la fragilité de ce qui n’est plus qu’un État croupion. En d’autres temps, le ridicule aurait tué nos dirigeants. Mais peut-être sont-ils déjà morts… Le spectacle que Dieudonné doit donner jeudi soir à Nantes (Loire-Atlantique), première étape d'une tournée en France, a été autorisé par le tribunal administratif de la ville, selon l'avocat de l'humoriste, Jacques Verdier. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a décidé de saisir en appel le Conseil d'Etat

    ci-dessous quenelle d'antan ( encore en usage actuellement )



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