• le danger des djihadistes

    À l’instar de la zumba, du rap ou du selfie, le djihadisme est fortuitement devenu phénomène international. Et en ces pauvres terres ravagées que sont l’Irak et la Syrie, les volontaires affluent de tous les continents, du lointain Caucase, de la vieille Angleterre comme du proche Romorantin.

    Après, les approches des diverses nations concernées peuvent différer. En France, on empêche les candidats à l’islamthon de partir tout en voulant les faire revenir à tout prix. En Russie, ce serait plutôt le contraire : bon vent et n’espérez surtout pas revenir… Bon, il est vrai qu’entre les deux présidents, celui de Paris et l’autre de Moscou, il y en a tout de même un qui a un peu plus une tête de président.

    Ainsi, à en lire Le Figaro, Alexandre Bortnikov, patron du FSB (ФСБ, le KGB new look) : « Le danger est que ces terroristes reviennent dans le pays duquel ils sont partis… » Du coup, les sentences moscovites sont tôt tombées, punissant de deux à six ans d’emprisonnement quiconque participerait à « des bandes illégales sur un territoire étranger dans un but contraire aux intérêts de la Fédération russe ». Voilà qui a au moins le mérite de la clarté.

    Mieux, toujours à en croire ce même quotidien : « Les autorités du Daguestan travaillent, par l’intermédiaire des services, pour persuader les djihadistes de rester là où ils sont et de ne pas rentrer en Russie. »

    De cette déclaration, on peut au moins conclure deux choses. Les Russes qui cohabitent de longue date avec leurs républiques musulmanes du Caucase, non sans quelques viriles frictions – la Tchétchénie, entre autres –, étaient jusque-là habitués à un islam local, de tradition soufie, un islam de tradition spirituelle, intériorisé et surtout local. Car là-bas, la chose remonte à loin, sachant que ce continent fut islamisé avant d’être christianisé. Et lorsque Vladimir Poutine affirme que l’islam est partie constituante de l’identité russe, il ne parle pas à la légère. Nonobstant, cet islam doit demeurer « russe ». Et n’être point contaminé par la propagande wahhabite, article d’importation arabo-américaine et déviance qui est à peu près à l’islam ce que les dingos évangélistes du Nouveau Monde sont à l’européenne chrétienté. Mais, en bon homme d’État qu’il est, Vladimir Poutine raisonne aussi en… bon homme d’État.

    En France, c’est évidemment un peu différent, sachant que la tradition républicaine, laïque, voire laïciste, est assez mal à l’aise avec le fait religieux. Et qu’un François Hollande n’entend quasiment rien à ces choses-là. D’ailleurs guère plus qu’un Nicolas Sarkozy assurant, sur les ondes de RMC, que la différence entre sunnites et chiites était d’ordre ethnique… Pas mal, pour un ministre de l’Intérieur censé être aussi celui des Cultes !

    Au fait, rien que pour rire, si on échangeait ? Ne serait-ce que pour six mois… On file Hollande aux Russes et on récupère Poutine chez nous. Juste six petits mois… Soit le temps sûrement nécessaire pour remettre un peu d’ordre dans notre baraque ; la nôtre et pas celle d’Obama. Joli rêve ; mais, justement, ne rêvons pas trop


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :