• la remigration

    Nos amis identitaires convoquent samedi la cour et la ville de l’antiremplacisme à une demi-journée de réflexion sur le thème. Je m’y rendrai avec enthousiasme.

    Je n’ai pas bien compris pourquoi M. Floris de Bonneville traitait avant-hier, dans ces colonnes, le mot remigration d’appellation barbare, au seul motif qu’il était « inconnu de l’Académie française et même de Wikipédia ». Il faut laisser un peu de temps à cette vieille dame et à ce jeune savant. Un mot n’est pas barbare parce qu’il est nouveau. Celui-ci ne sonne pas mal, il est parfaitement formé, chacun est bien libre de produire des formes itératives des mots savants qui s’y prêtent ; et si migration est admissible, comme je crois, remigration l’est forcément aussi. Tout juste pourrait-on le chipoter sur son adéquation à ce que ses promoteurs entendent le voir désigner. Je disais pour ma part : renversement des flux migratoires. Mieux vaut un seul terme que trois.

    Nos amis identitaires convoquent samedi la cour et la ville de l’antiremplacisme à une demi-journée de réflexion sur le thème. Pour ma part je m’y rendrai avec enthousiasme car quiconque a conscience du Grand Remplacement — et il faudrait être aveugle et sourd, ou M. Gaëtan Dussaussaye, pour n’en être pas conscient… — envisage forcément le retour des colonisateurs sur leurs terres ancestrales. C’est une lutte anticolonialiste que nous menons, et il est sans exemple qu’une décolonisation n’ait pas entraîné le retrait d’une partie, au moins, des conquérants.

    On nous objecte que le métissage est déjà bien avancé et que cela risque de rendre difficile la séparation à l’amiable (de préférence) entre des ethnies, des cultures, des civilisations déjà si étroitement mélangées. Mais ni le Grand Remplacement ni la remigration ne sont des notions racialistes, contrairement à ce qu’affirmait à tout hasard, la semaine dernière, notre jeune ami M. Dussaussaye (décidément… qui veut noyer son chien l’accuse de la race). « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France a une vocation universelle », disait de Gaulle en une envolée fameuse, qui mériterait d’être citée jusqu’au bout, mais tout le monde la connaît. Ce sont les civilisations, les cultures, les façons d’être là, les modes d’habiter la terre et d’occuper le territoire qui ne peuvent pas se mélanger sans que les unes soumettent les autres, ou les intègrent. Et celles qui ne peuvent pas intégrer se font intégrer (ou éliminer). Celles qui ne peuvent pas soumettre se font soumettre.

    À cet égard nos conquérants se donnent beaucoup de mal pour nous faciliter les choses, il faut le reconnaître, pour ouvrir les yeux les plus décidés à ne rien voir, pour s’exposer eux-mêmes, avec une emphase croissante, comme tout désignés pour un retour au pays natal, fût-il celui de leurs parents, voire de leurs grands-parents. La candidature à la remigration ne se pose pas en termes de couleur de peau mais bien davantage de vêtement, de gestion de visage et du corps, de pratiques, de comportements, d’allégeances, de choix de mots et de choix de langue, d’usages du monde. L’intenable fiction d’une francité toute administrative, conventionnelle, déclarative, est en train de craquer de toute part. Les claviers n’ont plus assez de guillemets pour enserrer le mot Français, que jour après jour on est mis au défi de prononcer en gardant son sérieux. Nombre des intéressés le répudient d’eux-mêmes, d’ailleurs, souvent avec mépris, ou reconnaissent ne s’en parer qu’à des fins elles-mêmes intéressées. À ceux-là la remigration tend les bras.

    Il arrive qu’ils s’y jettent avec ardeur, même si c’est de façon un peu approximative, géographiquement. L’ineffable M. Cazeneuve voulait empêcher nos « Français » djihadistes d’accomplir leur djihad, et de franchir nos frontières. Il ferait mieux de les laisser sortir, puis de les empêcher de rentrer. Je vois que c’est volontiers en famille que l’on part à présent pour la Syrie. On ne saurait trop encourager cette tendance. Le regroupement familial nous a fait assez de mal — s’il pouvait maintenant nous soulager un peu…

     


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