• Du changement dans l

    Je crains que beaucoup d'électeurs, moins avides que moi d’informations, ne découvrent les nouvelles dispositions dans le bureau de vote.

    Je dois faire une confession et me jeter des cendres de pénitence sur la tête ! Je suis pourtant un« actualiphage » compulsif, je traque journaux, magazines et Toile, de peur de manquer un scoop politique ou un débat percutant, voire une mesure gouvernementale encourageante. Et pourtant, à trois semaines des municipales qui phagocytent toute ma citoyenne attention et mon appétit républicain, je découvre par hasard et avec grande honte de nouvelles dispositions électorales qui changent la donne et constituent une mini-révolution du scrutin local.

    Certes, j’avais noté depuis quelques trimestres déjà, grâce à des ministres féminins très communicants, que la parité absolue et rigoureuse s’imposait désormais dans les cités de plus de 1.000 habitants. Peut-être avais-je par trop focalisé sur cette donnée qui, avec le couple mixte, nouveau « PACS »départemental exigé pour le prochain scrutin de 2015, m’invitaient à jeter un œil attendri sur ces belles et prometteuses avancées démocratiques dans notre pays réputé macho…

    D’autres transformations s’attachent cependant au prochain vote de fin mars qui, pour inspirer moins l’affect, n’en sont pas moins importantes et opportunes et méritent attention. Je ne peux les détailler ici, car selon la tradition et le savoir-faire tricolores, elles touchent différemment les 36.682 communes en fonction de leur démographie.

    Je note cependant (et si j’ai bien lu) que les francs-tireurs du stylo biffant des noms dans le secret de l’isoloir n’auront encore de la voix que dans les petites communes de moins de 1.000 habitants. Manière, pour certains, de choisir « à la carte », comme un bonus à la désertification démographique.

    Pour les communes plus nombreuses, je relève en revanche une modification importante pour l’exercice de la démocratie. Il s’agit du vote concomitant pour désigner les conseillers communautaires. Jusqu’alors siégeaient dans les agglomérations des membres issus des municipalités, hors suffrage direct. L’engagement de fonds publics, sans que la sanction directe du public puisse s’exercer, était une exception totalement aberrante. Surtout avec les gabegies et dérives locales observées aussi bien par les citoyens de base que par la Cour des comptes !

    Une aussi importante avancée au bénéfice de la démocratie locale devait, me semble-t-il, faire l’objet de pédagogie, ce que je n’ai pas observé jusqu’alors ! N’est-ce pas le rôle des parties prenantes, dont les partis politiques qui s’alimentent de l’argent public et de généreux donateurs ? Mais aussi des médias plus enclins au choc des vidéos et des photos qu’aux dossiers d’information exhaustifs ?

    Je crains que beaucoup d’électeurs, moins avides que moi d’informations, ne découvrent les nouvelles dispositions dans le bureau de vote. Et qu’un certain désordre s’ensuive dans les urnes !


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