• c'est dans le coran

    Derrière les coups et les hurlements dans l’intimité du foyer, les enracinement culturels et nos lâchetés face à leur réalité.

    Comme chaque jour ou presque de l’année, ce mardi 25 novembre est « la Journée de… ». Moins glamour que la Journée de l’amitié ou celle des secrétaires, il s’agit de la « Journée mondiale de lutte contre la violence faite aux femmes ». Une horreur. Une peste. Un fléau qui ravage la planète plus sûrement qu’Ebola, le SIDA et le palu réunis.

    Les chiffres, comme les malheureuses victimes, tombent en rafale. Livrées brut de décoffrage, les données de l’UNICEF, de l’ONU, de la Banque mondiale et de l’OMS nous estourbissent. Pour la France seule : 20 % des femmes disent avoir subi une forme de violence dans l’espace public, allant de l’insulte à l’attouchement. Annuellement, 200.000 sont victimes de violences conjugales, 83.000 de viols ou tentatives, sachant que 10 % à peine portent plainte. En 2012, 121 femmes (et 25 hommes) sont décédées suite à des violences conjugales. En dix ans, les condamnations pour ce motif ont presque doublé. En 2013, près de 70.000 affaires ont été enregistrées, entraînant une procédure dans 87 % des cas. Le coût atteindrait ainsi chaque année 3,6 milliards d’euros pour la collectivité en termes d’aides sociales, de soins et surtout de perte de capacité de production.

    C’est épouvantable. Intolérable. Et pourtant, j’ose à peine l’écrire, j’éprouve aussi devant tout cela un étrange malaise : de qui et de quoi parle-t-on au juste ?

    Comment ne pas éprouver de malaise, en effet, quand on lit « En France, aussi, le mariage forcé existe » ou bien encore « L’excision, scandale national en Angleterre » ? Que penser d’un discours qui mélange « Bring Back Our Girls » et « Merci pour ce moment », les 220 jeunes filles kidnappées par Boko Haram au Nigeria et les vapeurs existentielles de Valérie Trierweiler ? Car c’est exactement cela qu’on nous sert, sans distinguo, sans réflexion sur ce qui est au cœur de tant de violences : derrière les coups et les hurlements dans l’intimité du foyer, les enracinement culturels et nos lâchetés face à leur réalité. Or,« combattre toutes les violences faites aux femmes, des plus visibles aux plus insidieuses » – comme le réclame la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité – contraint à affronter ce que depuis des décennies nous planquons sous le tapis : le déplacement des populations n’abolit pas la différence des comportements et des mœurs. Pour le dire clairement : on émigre avec sa culture.

    Interrogée par Le Figaro Madame sur le scandale de l’excision que dénoncent les députés anglais, la sociologue Isabelle Gillette-Fayet répond ceci : « La loi n’est pas appliquée au Royaume-Uni. Il n’y a jamais eu de poursuites ni de plaintes. […] Car l’État, libéral, ne s’immisce pas dans la vie des communautés. Il respecte les cultures, et les traditions de chaque groupe. […] Il y a 30 ans, les Anglais considéraient qu’il ne fallait surtout pas s’immiscer dans les droits individuels. Aujourd’hui, ils ont intégré que la dimension des droits universels dépassait les droits individuels. » Tout est dit et l’on ne voit pas, dès lors, à quel titre on proteste contre « la tradition » des mariages forcés, de l’excision, de l’interdiction pour les filles d’accéder à l’instruction, du viol ou encore du droit de cuissage du tonton. Traditions, faut-il le rappeler, que maintiennent jalousement les mères elles-mêmes !

    Christiane Taubira, qui n’a pas que des défauts, semble enfin en prendre conscience et va proposer à tous les procureurs de France un plan « censé apporter une réponse ferme, immédiate, et dissuasive aux cas de violences intrafamiliales en perpétuelle augmentation », nous dit Le Parisien. Les principes de base : toute victime doit pouvoir porter plainte et toute plainte entraîner une enquête (!) et un magistrat sera dédié à ces affaires dans chaque tribunal. Enfin, les juges pourront envoyer le coupable suivre un « stage de sensibilisation contre la récidive », et la distribution du téléphone « grave danger » sera généralisée.

    Reste juste une petite question : avec quels moyens, tout cela ?

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